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Le Père Thomas Rosica, C.S.B. Président-directeur général de la Fondation catholique Sel + Lumière média Le Père Thomas Rosica a été ordonné prêtre de la Congrégation de Saint-Basile en 1986. Il a fait des études en théologie et en Écriture sainte au Regis College de Toronto, à l'Institut pontifical biblique de Rome et à l'École biblique et archéologique de Jérusalem. |
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Entrevues Évangéliser à travers la télévision au Canada Entrevue avec le Père Thomas Rosica, Président de la Fondation catholique Sel et Lumière média Toronto, le 1er mai 2006 (Zenit.org)- Désormais, « la télévision n’est plus un terrain interdit pour l’évangélisation » selon le Père Rosica, directeur national des Journées mondiales de la jeunesse au Canada en 2002. Immédiatement après cette Journée mondiale de la jeunesse, le père basilien Thomas Rosica était désigné président-directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière média et de la chaîne de télévision catholique du même nom au Canada. Le Père Rosica enseigne également les Saintes Écritures à la faculté de Théologie du Collège St. Michael’s de l’Université à Toronto. Q: Comment Télévision Sel + Lumière est accueillie au Canada? Les réflexions du père Thomas Rosica, c.s.b.
Textes et homélies du père Thomas Rosica, c.s.b.
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Réflexion du jeudi 4 août 2005 Noël au mois d’août ! Au cours des prochaines semaines, les yeux du monde catholique seront tournés vers Cologne: Köln, comme disent les Allemands. Je veux aujourd’hui vous donner un bref aperçu de la magnifique cathédrale qui sera au coeur des Journées mondiales de la jeunesse 2005. Au cours des prochaines semaines, les yeux du monde catholique seront tournés vers Cologne : Köln, comme disent les Allemands. Je veux aujourd’hui vous donner un bref aperçu de la magnifique cathédrale qui sera au coeur des Journées mondiales de la jeunesse 2005. Depuis toujours, la Maison du Père était perçue comme l’entrée du ciel. On peut dire que la splendide cathédrale de Cologne est une image de la cité céleste. La lumière colorée qui pénètre depuis l’extérieur vient élever l’âme à un autre niveau, supérieur, non défini, où la lumière représente Dieu lui-même. Telle une mer transparente comme du crystal (Apocalypse 4, 6), les fenêtres claires situées au-dessus du choeur présentes les 24 rois de l’Ancienne Alliance, en alternance avec les 24 rois de la Nouvelle Alliance. Ensemble, ils représentent les 24 anciens mentionnés dans le livre de l’Apocalypse. Si on continue avec un thème de l’Apocalypse, l’adoration de l’Agneau est représenté dans la scène de l’évangile de l’adoration du Christ-enfant par les rois mages. Au cœur de la cathédrale se trouve donc un magnifique reliquaire des Mages datant du Moyen Âge. Ce trésor a fait de Cologne l’un des plus grands lieux de pèlerinage, tout comme Rome et Saint-Jacques de Compostelle en Espagne. Les pèlerins sont venus prier au Sanctuaire des Mages depuis les temps médiévaux jusqu’à nos jours. Comment ces trois Rois sont-ils arrivés à Cologne ? Autour de l’an 326 après JC, la sainte mère de Constantin, l’impératrice Helena, aurait amené les restes des trois mages à Constantinople, qui était alors la capitale de l’Empire Romain. En l’an 344, l’évêque de Milan, Eustorgio, les apporta à Milan qui était devenue la capitale de l’Empire Romain d’Occident. Après la victoire de l’Empereur Federico Barbarossa et la destruction de Milan, les reliques furent remises au chancelier de Barbarossa, Rainald von Dassel qui était en même temps évêque de Cologne. C’est donc en 1164 que le Chancelier von Dassel amenait les Mages à Cologne. Les Rois-mages sont souvent représentés à différents âges (vieux, adultes ou parfois jeunes). Plus tard, on a présentés les mages venant de diverses parties du monde : l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Les mages représentent l’autre, l’étranger qui vient au berceau du Fils de Dieu. Aucune ethnie, aucune nation, aucun groupe sprirituel ou religieux ne possède le Christ. En tant que catholiques, nous ne possédons pas Jésus ni son message universel d’amour, de justice et de paix. Il est à tous, Il est là pour tous et spécialement pour ceux et celles qui recherchent la sagesse et la vérité dans cette réalité obscure et complexe que l’on appelle la vie. Même si les Écritures ne précisent pas qu’il y avait trois mages, une tradition nous rapporte les noms de ces derniers : Gaspar, Melchior et Balthazar. Gaspar veut dire trésorier alors que Melchior signifie roi de lumière et Balthazar Dieu le protège. Peut-être que le nombre trois est apparu à cause des trois dons symboliques mentionnés dans le Nouveau Testament : l’or, l’encens et la myrrhe. L’or était le signe de la royauté du Christ, l’encens faisaint une référence à sa divinité et la myrrhe marquait son humanité et sa mort. Les participants des Journées mondiales de la jeunesse de cette année sont invités à aller en pèlerinage au sanctuaire des Mages au cours de l’une des trois journées où se dérouleront les catéchèses. Comme les mages qui ont suivi l’étoile, les jeunes pèlerins seront attirés à la cathédrale par l’étoile dorée élevée au sommet du "Kölner Dom". Alors que la génération Jean-Paul II méditera de nouveau sur l’histoire des mages et réfléchira sur leur quête, leurs questions, leur départ, leurs détours et finalement leur arrivée, elle rencontrera le Christ adulte qui est éternellement jeune. Lorsque le pape Benoît arrivera à Cologne pour les célébrations d’ouverture des JMJ, lui aussi fera un pèlerinage à pieds au tombeau des mages dans le "Kölner Dom", accompagné des jeunes des cinq continents. Les trois mages sont les saints patrons de la ville de Cologne, et patrons des pèlerins et voyageurs, des mourants, des fourruriers, des fabricants de jeux de cartes et des gastronomes. On dit aussi qu’ils protègent contre la magie, l’épilepsie, les tempêtes et la grêle. Cet été, ils protègeront les centaines de milliers de pèlerins qui viennent pour adorer Jésus dans la cité des mages! Pour les jeunes pèlerins, ce sera vraiment noël au mois d’août aux JMJ 2005 ! Réflexion du jeudi 21 juillet 2005 Le Peuple des Béatitudes : Au cœur des JMJ (1) Les Journées mondiales de la jeunesse sont des célébrations de Jésus Christ et de la foi catholique. Lors de la cérémonie d'ouverture de la Journée mondiale de la jeunesse 2002, le pape Jean-Paul II a dit : « Avec le regard fixé sur [Jésus], vous pouvez découvrir le chemin du pardon et de la réconciliation dans un monde souvent en proie à la violence et à la terreur. » La personne de Jésus Christ doit être au cœur de nos efforts auprès des jeunes adultes. Pour être d'authentiques croyants, nous devons avoir une relation profonde et personnelle avec Jésus Christ. Comment le Christ est-il au coeur de nos efforts auprès des jeunes ? Qu'y a-t-il d'unique dans la foi catholique ? Le thème biblique de la JMJ 2002, « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5, 13-14), convenait tout à fait à la société et au monde actuels qui baignent souvent dans la médiocrité et la noirceur. Quelles sont les histoires et les images bibliques qui sous-tendent notre ministère pastoral auprès des jeunes ? Durant la JMJ 2002 à Toronto, plus de 100 000 jeunes ont célébré le sacrement de la Réconciliation. À travers ce sacrement, le Christ nous laisse le rencontrer et fait ressortir ce qu'il y a de meilleur en nous. Dans notre travail pastoral auprès des jeunes, présentons-nous ce sacrement comme une rencontre privilégiée avec le Christ qui nous guérit, nous pardonne et nous libère ? À travers les préparatifs des JMJ 2002 et 2005, nous avons vécu des moments uniques où nous avons pu approfondir notre piété et notre dévotion chrétiennes. Le pèlerinage historique de 43 000 km de la Croix des JMJ et la superbe présentation du chemin de croix furent aussi des occasions d'offrir un témoignage audacieux et significatif de l'histoire de la foi chrétienne en plein cœur d'une ville moderne. Comment avons-nous poursuivi cette tradition du pèlerinage et du chemin de croix dans nos communautés paroissiales et nos activités auprès des jeunes ? Reconnaissons-nous l'importance d'une piété et d'une dévotion chrétiennes authentiques et enracinées dans la Bible pour les jeunes d'aujourd'hui ? Durant son pontificat, Jean Paul II a proclamé 1 338 bienheureux et 482 saints. Les jeunes adultes ont grand besoin de héros et d'héroïnes et le pape nous a donné des modèles exceptionnels de sainteté et d'humanité. Neuf jeunes bienheureux et saints furent les patrons des JMJ 2002; les JMJ 2005 en comptaient encore davantage. Présentons-nous encore ces saints et bienheureux comme d'authentiques modèles pour les jeunes d'aujourd'hui ? Avons-nous fait nôtre l'invitation de Jean-Paul II aux jeunes à réfléchir à la possibilité d'une vie de service consacré dans l'Église ? « Pensez à la grande majorité des prêtres et des religieux qui vivent généreusement leur engagement, et dont l'unique désir est de servir et de faire le bien ! Aujourd'hui, il y a ici beaucoup de prêtres, de séminaristes et de personnes consacrées : soyez proches d'eux et soutenez-les ! Et si, au plus profond de votre coeur, vous entendez résonner le même appel au sacerdoce ou à la vie consacrée, n'ayez pas peur de suivre le Christ sur la voie royale de la Croix ! Dans les moments difficiles de l'histoire de l'Église, le devoir de la sainteté devient encore plus urgent. » Remercions Dieu pour le pape Jean-Paul II qui croyait en les jeunes. Nous avons maintenant pour berger le pape Benoît XVI qui est profondément engagé à conduire les jeunes vers le Christ. Le matin après son élection, à la fin de sa première messe en tant que pape, Benoît XVI s'est adressé aux cardinaux en ces termes : « Je pense en particulier aux jeunes. À eux, les interlocuteurs privilégiés du Pape Jean-Paul II, va mon étreinte affectueuse dans l'attente, si Dieu le veut, de les rencontrer à Cologne à l'occasion de la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse. Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, avenir et espérance de l'Église et de l'humanité, en écoutant vos attentes dans l'intention de vous aider à rencontrer toujours plus en profondeur le Christ vivant, celui qui est éternellement jeune. » Dans une homélie, quelques jours plus tard, il disait encore : « Je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d'une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n'ayez pas peur du Christ ! Il n'enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ "et vous trouverez la vraie vie." » Réflexion du jeudi 30 juin 2005 Bienheureux Pier Giorgio Frassati Le 4 juillet, l’église se souvient du Bienheureux Pier Giorgio Frassati, un des patrons que le pape Jean-Paul II nous a donnés aux Journées Mondiales de la Jeunesse. En béatifiant Pier Giorgio Frassati le 20 mai 1990, le pape Jean-Paul II offrit à l’Eglise, et plus spécialement aux jeunes adultes catholiques, un merveilleux artisan de l’Evangile, quelqu’un qui posait sur le monde un regard critique fondé sur des données, des informations et des connaissances singulières. Les principes de Pier Giorgio s’appuyaient sur les Béatitudes, et il a tenté, à son époque et d’une façon unique, de transposer sur le monde cette extraordinaire vision évangélique. Pier Giorgio est né à Turin, en Italie, le 6 avril 1901. Sa mère, Adélaïde Ametis, était peintre. Son père, Alfredo, était un agnostique. Il avait fondé et dirigeait le journal libéral La Stampa. Il exerçait une influence sur la politique italienne, ayant été sénateur et ambassadeur en Allemagne. Pier Giorgio fit ses premières études à la maison avec sa sœur Luciana, puis il alla à l’école publique et finalement dans une école dirigée par des Jésuites, ou il s’inscrivit à l’Apostolat de la prière et obtint la permission de communier quotidiennement (ce qui était rare à cette époque). Il cultiva une intense vie spirituelle, qu’il partageait sans hésitation avec ses amis. L’Eucharistie et le Vierge Marie étaient les deux pôles de sa prière. A 17 ans, en 1918, il devint membre de la Société Saint Vincent de Paul et consacra la plus grande partie de son temps libre à servir les pauvres et les nécessiteux, à prendre soin des orphelins et à aider les soldats revenant de la Première Guerre mondiale. Pour Pier Giorgio, il ne s’agissait pas seulement de donner quelque chose aux gens seuls, aux pauvres, aux malades, mais plutôt de se donner lui-même. Il voyait Jésus en eux. A un ami qui lui demandait comment il pouvait supporter la saleté et les odeurs des maisons des pauvres, il répondit : « Rappelle-toi toujours que tu vas vers Jésus. Autour de l’infirme, de l’indigent, autour du malheureux, je vois une lumière particulière, une lumière que nous n’avons pas. » Athlétique, plein de vie, toujours entouré d’amis pour qui il était une inspiration, Pier Giorgio décida de ne pas devenir prêtre ou religieux car il préférait témoigner de l’Evangile en tant que laïc. Peu de temps avant de recevoir son diplôme d’ingénieur des mines, il fut frappé par la poliomyélite, qu’il contracta peut être – pensèrent plus tard les médecins – en visitant les malades dont il prenait soin. Ne tenant pas compte de son état de santé parce que sa grand-mère bien-aimée se mourait, il succomba le 4 juillet 1925, à l’age de 24 ans, après six jours d’atroces souffrances. Sa dernière pensée sur terre fut pour les pauvres. La veille de sa mort il écrivit d’une main paralysée un message à un ami, lui demandant d’acheter et de porter à son compte les médicaments nécessaires aux injections destinées à un homme pauvre et malade qu’il visitait. Les funérailles de Pier Giorgio furent un triomphe. Le cortège funèbre, constitué d’une multitude de personnes étrangères à la famille, emplissait les rues de Turin. Il y avait des membres du clergé, des étudiants, et aussi les pauvres et les nécessiteux qu’il avait servis si généreusement pendant sept ans. Les jeunes adultes peuvent se reconnaître dans ce beau jeune homme amateur de plein air. Comme eux, il connut tous les problèmes auxquels les jeunes doivent faire face, encore aujourd’hui : les études ; les examens de fin d’année ; l’engagement politique ; les importantes décisions à prendre concernant sa vie ; la fidélité de son engagement à la prière quotidienne ; la souffrance découlant d’un amour éperdu ; un père et une mère qui se débattaient dans leur propre relation... Combien de jeunes vivent ces mêmes combats chaque jour ! La vie de Pier Giorgio rejoint profondément la réalité contemporaine du ministère pastoral universitaire. Merci, Pier Giorgio, d’avoir écouté les paroles de Jésus et de les avoir fait tiennes. Merci de t’être levé, d’avoir fait quelque chose, d’avoir bougé… pour Dieu et pour les autres. Merci d’avoir incarné le message des Béatitudes. Pour cette raison, je te demande, Pier Giorgio, d’aider tous les participants à la Journée mondiale de la jeunesse 2005 à Cologne à en faire une grande expérience de véritable bénédiction et d’espérance, de joie et de paix. Prie pour nous et aide-nous à comprendre le vrai sens du sermon de Jésus sur la montage de Galilée. Aide-nous à devenir l’artisan de l’Evangile que tu étais pendant ta vie. Réflexion du vendredi 24 juin 2005 « Reste avec nous, Seigneur » pendant cette année de l'Eucharistie Puisque le theme de cette année « Eucharistique », « Mane Nobiscum, Domine », s’inspire du texte biblique des disciples d’Emmaus de l’Evanglie de St-Luc, j’aimerais bien partager avec vous aujourd’hui quelques réflexions sur cette belle prière: « Reste avec nous, Seigneur » [Lc 24,29] Parmi les plus beaux souvenirs de mon enfance je compte les moments où les « anciens » de ma famille m’ont appris à prier et à louer le Seigneur. Je garde toujours le souvenir d’être assis avec eux dans la cuisine, de voir les graines du chapelet passer silencieusement dans les mains de mon arrière grand-mère. Elle me disait un jour: « Lorsque tu aimes quelqu’un, il suffit de répéter les mots simples… Il suffit de demander à Dieu et à ses saints de rester avec nous. » Plus tard ce furent les Soeurs de St Joseph, mes premières institutrices et professeurs qui m’ont appris à prier avec les textes bibliques. Une de ces soeurs m’a parlé du récit biblique des Disciples d’Emmaüs [Lc 24, 13-35] et cette belle histoire m’est restée toujours très chère. Combien fut rassurant de découvrir que les deux disciples priaient tout simplement: « Reste avec nous, Seigneur. » Pour manifester mon amour pour Dieu, j’aime à me tourner vers les Saintes Ecritures et de répéter certaines expressions simples et profondes. Combien de fois je me trouve à répéter tout simplement cette prière biblique: « Reste avec nous, Seigneur. » Le récit d’Emmaüs est devenu pour moi une école de prière dans ma vie de prêtre et j’ai choisi ce récit comme sujet de mes hautes études en Ecritures Saintes à l’Institut Biblique Pontificale à Rome et à l’Ecole Biblique de Jérusalem. L’itinéraire des deux disciples nous offre un modèle et une consolation nous aidant à découvrir la présence de Dieu qui marche avec nous, surtout dans des moments difficiles, de désespoir, et de tristesse. Prier avec les disciples d’Emmaüs m’invite à être attentif à ce qui se passe dans le monde autour de moi. Combien est grande la tentation de fermer les yeux sur la souffrance, les malheurs, l'injustice ou alors d'être tellement préoccupé avec ma propre souffrance et ma détresse personnelle que je ne parviens plus à reconnaître l'autre! Prier avec les disciples d’Emmaüs m’est une invitation à retourner vers les Écritures avec de nouvelles questions. Jésus ouvre les Écritures aux deux disciples et il insiste sur la nécessité des souffrances du Messie, pour que celui ci entre dans sa gloire. Est-ce que ma lecture biblique me mène vers une expérience du Seigneur Ressuscité comme cela fut le cas pour Cléophas et son compagnon? Prier avec les disciples d’Emmaüs veut dire répéter leur prière souvent: « Reste avec nous, Seigneur ». Par ces paroles les disciples d’Emmaüs invitèrent le Voyageur à rester avec eux, alors que parvenait à son terme le premier jour après le sabbat au cours duquel l’incroyable était arrivé. Cette prière de l’église primitive les mène à un moment de célébration et de louange. Leur geste d'hospitalité envers cet étranger résulte du pain béni, rompu et partagé ainsi que du fait qu'ils ont reconnu la présence de Jésus au milieu d’eux à travers la fraction du pain. Il disparaît et devant eux reste le pain rompu, et dans leur coeur, la douceur de ses paroles. Ils réalisent que leur coeur est brûlant et qu'ils doivent retourner vers les autres rassemblés à Jérusalem. Prier avec les disciples d’Emmaüs m’amène à une expérience de lounge en communauté. Les disciples éprouvent un nouveau sens de l'appartenance et un nouveau courage pour témoigner de la Résurrection de Jésus. Ils ne sont plus tristes et déçus. Ils sont lentement passés des ténèbres et du désespoir à la foi. Ils sont eux-mêmes devenus porteurs de la bonne nouvelle et capables de louer le Dieu en Esprit et Vérité. Seigneur, nous te remercions pour ta Parole. Réflexion pour le vendredi 17 juin 2005 Ad Multos Annos, Cardinal Ambrozic ! Je veux transmettre nos meilleurs voeux au cardinal Aloysius Ambrosic, archévêque de Toronto qui a célébré ses 50 ans de prêtrise le 4 juin dernier. Le cardinal Ambrozic, érudit reconnu en Ecritures Saintes, fut nommé évêque auxiliaire de Toronto en juin 1976 et succèda Gerald Emmett Cardinal Carter. Jean-Paul II le fit cardinal en février 1998 avec 22 autres archévêques. Les cardinaux sont choisis par le Saint Père pour le servir comme principaux assistants et conseillers dans l’administration des affaires de l’Église. Ensembles, ils forment le collège des cardinaux. Le mot cardinal vient de deux mots latins, cardo et cardinis. Pendant les trois cents dernières années, la traduction en anglais a rendu ces deux mots en tant que "charnière" pour signifier ce dispositif important qui sert de jointure à deux forces opposées et qui a les moyens de les mettre en harmonie. Cette charnière a permis de rendre plus facile le rapport entre la théologie et le gouvernement de l'Église. La couleur pourpre des cardinaux symbolise le sang versé par les martyrs et le témoignage de leur foi. Ceci donne aux gens le message clair de la mission de chaque cardinal. En 1492, Laurent le Magnifique écrivit à son fils, Jean de Médicis, un cardinal diacre à l’âge de 13 ans qui devint plus tard, Léon X (1513-1521) : « en votre personne, nous voyons la plus grande dignité accordé par Dieu à notre famille et sa valeur est plus grande en raison de votre âge. Ne manquez pas de vous rappelez que ce ne sont pas vos mérites ni votre prudence qui vous a fait ce que vous êtes mais Dieu lui-même qui vous a fait cardinal. Vous devrez prouvez que vous vivez une vie sainte, exemplaire et honorable. » Pour marquer l’importante occasion des 50 ans de ministère sacerdotal dans l’église, le pape Benoît XVI a écrit au cardinal Ambrozic la semaine dernière. Je veux partager avec vous quelques extraits de cette lettre : « À notre vénérable frère, Aloysius Matthew cardinal Ambrozic, archevêque de Toronto, comme prêtre et évêque, vous avez passé 50 ans ininterrompus, avec zèle et travaillant avec soin pour le bien être de cette communauté. Nous vous félicitons, ainsi que la bien aimée Église de Toronto, qui a su pendant ces années sous votre guidance éclairée, s’instruire à la manière de l'évangile du Seigneur. Nous nous réjouissons dans le Seigneur pour votre attachement apostolique à cette Église, votre fidélité au Magistère, votre bonne doctrine de la foi ainsi que votre esprit sur de la gouvernance. Du fond de notre coeur, nous vous accordons notre bénédiction apostolique, prolongée par cette lettre à vous-même et à la communauté de Toronto. Au jour le plus heureux de juin, nous nous rappellerons de vous ainsi que de vos évêques auxiliaires, de vos collaborateurs dans le sacerdoce qui seront présents pour se souvenir des premiers jours de votre sacerdoce. » Que pouvons nous vous souhaiter maintenant Éminence ? Et que souhaitons nous pour l’Église de Toronto, pendant que vous continuez votre Épiscopat parmi nous ? Santé, bonheur, réalisation personnelle et joie permanente. Vous nous avez donné un exemple de service fidèle et de sacrifice quotidien. Vous nous avez montré la signification de la fidélité constante au Christ et à l’Église. Avec le vaste archidiocèse de Toronto et l’Église catholique de tout le Canada, nous nous réjouissons et célébrons le fait que le pape Jean-Paul II nous a donné un bon berger, un professeur et un témoin fidèle en la personne d'Aloysius Matthew Ambrozic, le cardinal archévêque de Toronto Bon jubilé d’or ! Réflexion pour le jeudi 9 juin 2005 Le Sacré Coeur de Jésus Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le "mois du Sacré Cœur": la fête du Sacré Cœur a été célébrée le vendredi 3 juin dernier. Faisons un "pèlerinage aux sources" de cette tradition, à Paray le Monial, lieu des révélations du Cœur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Cœur pour les hommes. Le siècle de Marguerite-Marie est celui de l'éclatement de l'hérésie janséniste condamnée au siècle suivant. Cette hérésie présente volontiers un Dieu terrible et sévère en opposition au Dieu d'Amour et de Miséricorde. Le message d'amour du Cœur de Jésus arrive donc à point nommé, il aura d'ailleurs un autre apôtre, dans le même siècle, en Saint Jean-Eudes. Marguerite-Marie rentre donc chez les visitandines de Paray-le-Monial, c'est là que le Seigneur lui fait savoir son désir de faire connaître au plus grand nombre l'amour de son Cœur. Jésus lui apparaît de nombreuses fois, alors qu'elle était en prière devant le Saint-Sacrement. L'essentiel de son message est regroupé dans trois de ces révélations. Peu à peu, le « message du Cœur de Jésus » a touché l’ensemble du monde chrétien, et a donné naissance, à partir de 1873, à de grands pèlerinages qui se poursuivent aujourd’hui. « Je vous donnerai un cœur nouveau », avait dit le prophète Ezéchiel. Ces paroles résonnent à Paray le Monial avec force. Celui qui est venu pour révéler son Cœur transpercé est Celui-là même en qui tous peuvent venir puiser à la source de la miséricorde : « Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rendra témoignage- son témoignage est véritable et celui-là sait qu’il dit vrai - pour que vous aussi, vous croyiez. » (Jean 19,33-35) A Paray-le-Monial, Jésus-Christ se fait plus proche. La vie de l’homme croyant, tourné vers Dieu le Père, guidé par l’Esprit-Saint, retrouve ici la joie d’une réconciliation profonde avec Dieu, son prochain et lui-même. Lorsque nous parlons du Sacré Cœur de Jésus, nous parlons d’une rencontre du Cœur transpercé pour nous d’où jaillissent l’eau et le sang. C’est l’amour rédempteur, qui est à l’origine du salut, de notre salut, qui est à l’origine de l’Église. Parler du Sacré Cœur de Jésus c’est contempler l’amour du Seigneur Jésus: sa bonté compatissante pour tous durant sa vie terrestre; son amour de prédilection pour les petits, les malades, les affligés. C’est de contempler son cœur brûlant d’amour pour son Père, dans la plénitude du Saint-Esprit. C’est de contempler son amour infini, celui du Fils éternel, qui nous conduit jusqu’au mystère même de Dieu. Encore aujourd’hui, le Christ vivant nous aime et nous présente son cœur comme la source de notre rédemption. A chaque instant, nous sommes enveloppés, le monde entier est enveloppé, dans l’amour de ce cœur « qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé ». Ce mystère de l’amour du Christ, nous ne sommes pas appelés à le méditer et à le contempler seulement; nous sommes appelés à y prendre part. C’est le mystère de la Sainte Eucharistie, centre de notre foi, centre du culte que nous rendons à l’amour miséricordieux du Christ manifesté dans son Sacré-Cœur. Dans la sainte Eucharistie, nous célébrons la présence toujours nouvelle et active de l’unique sacrifice de la Croix dans lequel la Rédemption est un événement éternellement présent, indissolublement lié à l’intercession même du Sauveur. Dans la sainte Eucharistie, nous communions au Christ lui-même, unique prêtre et unique hostie, qui nous entraîne dans le mouvement de son offrande et de son adoration, Lui qui est la source de toute grâce. Dans la sainte Eucharistie - c’est aussi le sens de l’adoration perpétuelle - nous entrons dans ce mouvement de l’amour d’où découle tout progrès intérieur et toute efficacité apostolique: « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». Vivons de ce message qui, de l’Évangile de saint Jean à Paray-le-Monial, nous appelle à entrer dans son mystère. Puissions-nous tous « puiser avec joie aux sources du salut », celles qui découlent de l’amour du Seigneur, mort et ressuscité pour nous. Réflexion pour le jeudi 2 juin 2005 Pape Jean-Paul II : Santo Subito ! Au cours de l’audience accordée par Benoît XVI au clergé romain en la fête liturgique de Notre-Dame de Fatima, vendredi 13 mai en la basilique Saint-Jean du Latran, le pape a annoncé l’ouverture de la cause de béatification du pape Jean-Paul II. Un rescrit concernant la congrégation pour les Causes des saints de béatification et de canonisation du serviteur de Dieu Jean-Paul II (Karol Wojtyla) souverain pontife dit en effet qu’à la demande du cardinal Camillo Ruini, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome, le pape Benoît XVI a « considéré les circonstances particulières » exposées lors de l’audience du 28 avril dernier. Il « dispense » donc du temps de cinq ans d’attente après la mort du Serviteur de Dieu Jean-Paul II de façon à ce que la cause de béatification et de canonisation puisse commencer immédiatement. Une seule dérogation de ce type avait été accordée par Jean-Paul II pour la cause de Mère Teresa de Calcutta. Il fallut cependant cinq ans avant sa béatification, étant donné les procédures nécessaires à l’écoute des témoignages et à l’authentification des éventuels faits miraculeux. Décédée le 5 septembre 1997, Mère Teresa a été béatifiée le 19 octobre 2003, à l’occasion des vingt-cinq ans de pontificat de Jean-Paul II, en la Journée missionnaire mondiale. On se souvient de millions de personnes qui se sont précipitées à Rome pour rendre hommage au pape décédé le soir du samedi 2 avril, en la vigile du dimanche de la Miséricorde, et second samedi du mois dans une « grande sérénité », ont affirmé les témoins. Lors de ses funérailles présidées par le cardinal Joseph Ratzinger, le 8 avril dernier, la foule avait scandé en italien « Santo subito », appuyant la demande par des calicots écrits en grandes lettres rouges. Dans son homélie, le futur Benoît XVI avait évoqué la figure de Jean-Paul II « à la fenêtre du Père », une expression à laquelle le pape a fait allusion lors de sa premiere apparition à la fenêtre du palais apostolique du Vatican pour le Regina Cœli, dimanche 1 mai, en montrant du doigt le ciel. Le 11 mai dernier, le cardinal Castrillon Hoyos, préfet de la congrégation pour le Clergé avait lui-même suggéré la date de l’anniversaire de Jean-Paul II, qui aurait eu 85 ans le 18 mai prochain, pour cette béatification. Les cardinaux Marchisano et Barragan avaient apporté des témoignages de guérisons du vivant du pape, pendant la période des novendials, les messes memorials du défunt Pape. Jean-Paul II a rendu la saintété accessible à tous au cours de ces 27 dernières années. Il a été à la fois un roc, une boussole et un ami exigeant. Il nous a fait découvrir a tous notre jeunesse, notre générosité et notre joie pendant qu’il nous invitait à devenir le sel et la lumière dans un monde, une société ou une culture qui est si cynique, si insipide et tellement souvent exempte de la saveur et de la joie de l’Evangile et de la lumière et de l’espoir du Christ. Prions Jean Paul II, qu’il veille surout sur les jeunes du monde qui ont trouvé en lui non seulement un "Saint-Père" mais aussi un vrai père qui est saint. Bénis-nous depuis la fenêtre de la Maison du Père. Réflexion pour le vendredi 27 mai 2005 « Sans le dimanche, nous ne pouvons pas vivre ! » Un élément fondamental de l’identité chrétienne : telle est l’Eucharistie du dimanche et telle est la profession de foi proclamée par 49 martyrs d’Abitène dans l’année 303 ap J.C). C’est le thème choisi pour le XXIVème Congrès eucharistique national italien, qui se déroule à Bari ces jours-ci, du 21 au 29 mai. Le Saint Père Benoît XVI préside la messe de clôture de ce Congrès dimanche 29 mai, Fête du Corps et du Sang du Christ. Abitène était une ville de la province romaine appelée « Africa proconsularis », correspondant à la Tunisie actuelle. En 303 ap J.C., l’empereur Dioclétien, après des années d’un calme relatif, lança une violente persécution contre les chrétiens. Il ordonna « que soient recherchés les textes sacrés et les saints testaments du Seigneur ainsi que les Ecritures divines, et que ceux-ci soient brûlés ; que soient détruites les basiliques du Seigneur; que soient interdites les célébrations des rites sacrés et les très saintes réunions au nom du Seigneur » (Actes des martyrs, 1). A Abitène, un groupe de 49 chrétiens (parmi lesquels un sénateur, Dative, un prêtre, Saturnin, une vierge, Victoire et un lecteur, Eméritus) se réunissaient chaque semaine dans la maison d’un des leurs pour célébrer l’Eucharistie dominicale, sans respecter les ordres de l’empereur. Surpris lors de l’une de leurs rencontres dans la maison d’Octave Félix, ils furent arrêtés et conduits à Carthagène devant le proconsul Anulinus pour être interrogés. Au proconsul qui leur demandait s’ils possédaient chez eux des Ecritures, les martyrs confessèrent avec courage qu’ils les conservaient « dans leur cœur », révélant ne vouloir en aucune manière séparer la foi de la vie. « Je t’en supplie, O Christ, exauce-moi », « Je te rends grâce , O Dieu », « Je t’en prie, O Christ, aie miséricorde » sont les exclamations qui fusèrent de la bouche des martyrs lors de leur supplice. Leur prière accompagna l’offrande de leur vie unie à la demande de pardon pour les bourreaux. Parmi les témoignages a été recueilli celui d'Eméritus, qui affirma sans crainte avoir donner l’hospitalité aux chrétiens pour les célébrations. Le proconsul lui demanda : « Pourquoi as-tu accueilli des chrétiens dans ta maison, contrevenant ainsi aux dispositions impériales ? Eméritus répondit: « Sine dominico non possumus » (« Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre »). « Le terme dominicum contient un triple signification. Il renvoie également, dans le même temps, à ce qui en constitue le contenu : à Sa résurrection et à Sa présence dans l’événement eucharistique ». Le motif du martyre ne doit pas être recherché dans la seule observance d’un "précepte", puisque en ce temps-là, l’Eglise n’avait pas encore établi de manière formelle le précepte festif. Au fond, il existait la conviction que l’Eucharistie du dimanche est un élément constitutif de l’identité chrétienne et qu’il n’y a pas de vie chrétienne sans le dimanche et sans l’Eucharistie. Voilà ce qui ressort « avec clarté du commentaire que le rédacteur des Actes fit à la question posée par le proconsul au martyr Félix : "Je ne te demande pas si tu es chrétien, mais si tu as participé à l’assemblée ou si tu possèdes quelques livres sur les Ecritures" ». « "Combien est sotte et ridicule cette question du juge !", peut-on lire dans le commentaire des Actes. Comme si un chrétien pouvait vivre sans la Pâque dominicale, ou si la Pâque dominicale pouvait être célébrée sans la présence d’un chrétien ! Ne le sais-tu pas, Satan, que c’est la Pâque dominicale qui fait le chrétien et que c’est le chrétien qui fait la Pâque dominicale, voilà pourquoi l’un ne peut vivre sans l’autre, et inversement ? ». « Quand tu entends dire "chrétien", tu dois savoir qu’il s’agit d’une assemblée qui célèbre le Seigneur ; et quand tu entends dire "assemblée", sache que là est le chrétien », conclut la citation. Quel mots d’encouragement et quel exemple profound pour nous tous en cette fin de semaine où nous fêtons notre profonde identité en tant que le Corps et le Sang du Christ ! Puissions-nous mettre en pratique l’exemple des Martyrs d’Abitène. Que nous puissions exlamer avec Dative, Saturnin, Victoire et Eméritus : « Sine dominico non possumus », « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre. » Bonne Fête ! Réflexion pour le vendredi 20 mai 2005 Les signes du Saint-Esprit Toujours dans l’ombre de la fête de la Pentecôte, nous pourrions méditer ce soir sur le rôle du Saint Esprit dans notre vie et dans la vie de l’Eglise. Le Saint Esprit rend l'expérience chrétienne vraiment catholique et universelle, ouverte à toute expérience humaine, pleine d’humour de Dieu. Être catholique, c'est être universel et ouvert au monde. Non seulement au Canada et en Amérique du Nord ou à une certaine partie familière du monde ou à un secteur de la société, mais elle doit être ouverte à tous, ouverte à toute personne. Une intuition comme celle-ci, l'étendue universelle du salut, n'est cependant pas arrivée facilement ni sans beaucoup de stress. En effet, tout le Nouveu Testament peut se comprendre précisément comme l'émergence de la notion de catholique et de l'universel dans la vie chrétienne. La chrétienté, si elle n'avait pas évolué du particulier et du petit, aurait été seulement une petite modification de l'expérience juive, un sous-ensembe d'une piété juive qui misait encore dans et autour de Jérusalem et de la restauration d'un royaume littéral d'Israël. Les deux premières générations de chrétiens ont découvert que la chrétienté ne peut pas être juste ça. Parce qu'elle avait reçu le Saint Esprit, qui est le principe universel, le Saint Esprit a ouvert leurs yeux à la portée universelle de la vérité chrétienne et elle le fait par la rencontre des non-Juifs qui ont reçu le Saint Esprit tout comme nous l'avons reçu. C’est le Saint Esprit qui est le plus grand évangélisateur, qui a besoin d'instruments transparents, qui se sont vidés de leur propre programme et se sont ouverts à l'oeuvre de Dieu. Le Saint Esprit nous fait transcender toutes les impulsions tribales et égoïstes de notre temps pour l'amour de l'épanouissement de chaque personne humaine à la réalité du Christ. Le Saint Esprit est universel : toujours à penser au-delà de nos frontières, les horizons de notre imagination. Nous devenons une Église évangélisatrice remplie de l'Esprit, lorsque nous permettons à l'Esprit de nous combler de sa sainteté, de sa joie et de sa paix. Quand nous sommes saisis de l'Esprit, que l'Esprit habite en nous, l'Esprit nous donne une créativité et une imagination. Cette imagination est l'habileté humaine à construire un avenir réaliste mais plus puissant. Et un peuple à la frontière de la mort, est un peuple qui a cessé de rêver et d'imaginer. Jésus était un expert rêveur, il rêvait de ce royaume prophétique où il n'y aura plus de pleurs ou de larmes, un lieu où tous auraient accès à Dieu sur sa montagne sainte, qui se réjouiraient lors d'un banquet messianique de nourriture succulente, de vins riches, de santé et de paix. Pouvons-nous imaginer un monde où la réconciliation n'est pas seulement possible, mais devient un mode de vie qui conduit à la libération et à la justice ? Ou sommes-nous tellement épris avec le désespoir de notre temps, que nous oublions l'art de rêver et d'imaginer ? Aidée par l'Esprit, la communauté peut oser rêver, espérer de grandes choses, avoir des visions et de témoigner en paroles et en actions du pouvoir de l'Esprit, dont les fruits sont vus à travers les sentiers de justice dans le monde. Quelle est la plus profonde et la plus certaine assurance ou indice que L'Esprit est présent dans cet entretemps des premiers fruits, une espérance qui inspire une récolte abondante encore à venir ? C'est la joie. Si la joie et l’humour sont présents, vous pouvez être rassurés que le Saint Esprit a quelque chose à faire avec cette joie profonde et authentique. Saint Augustin, le plus passionné de musique des Pères de l'Église, évoque mémorablement l'expérience de joie en la présence de l'Esprit en ces mots :
Réflexion pour le vendredi 1er avril 2005 Devenir un peuple de la vie et pour la vie Vendredi Saint a marqué le 10ème annivsarsaire de la publication de l’Encyclique Evangelium Vitae de Jean Paul II. Dans cette magnifique lettre du Saint Père, nous avons une condamnation de l'euthanasie parce qu'il s'agit d'une « grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine » (n. 65). La Cour suprême des États Unis a refusé de se saisir du cas de Terri Schiavo en rejetant la demande des parents de "rebrancher" le tube d'alimentation et d'hydratation de leur fille. Pour l’Eglise, un patient en état végétatif est une personne humaine, il a besoin de soins d’ordre affectif. Le débat qui a animé les moralistes et les institutions sanitaires catholiques dans le passé portait sur le prolongement indéfini de l’hydratation et de la nutrition, même quand il semble ne plus y avoir la moindre espérance d’un retour, même partiel, de la conscience. Certains ont vu le prolongement de l’hydratation et de la nutrition comme un acharnement thérapeutique, d’autres ont interprété la suspension des soins comme une euthanasie par omission, vu les conséquences mortelles inévitables qui en découlent. En dehors de l’Eglise, la communauté scientifique, les magistrats et certains membres de la famille exercent de très fortes pressions pour obtenir la suspension de l’hydratation et de la nutrition, pressions fondées sur une vision de la vie privée de toute valeur, quand sa « qualité » diminue fortement. Le Saint Père, lors d’un discours historique le 20 mars dernier, a mis les points sur les « i » pour éviter d’autres problèmes, au moins dans le milieu catholique, en demandant par exemple que l’hydratation et la nutrition ne soient pas suspendus, comme cela s’est malheureusement passé dans certains hôpitaux catholiques nord-américains. Malgré les tentatives des moralistes et des institutions sanitaires catholiques de redimensionner la portée du discours du pape, son message est très clair. Pour le pape, les jugements sur la qualité de la vie et sur les coûts de l’assistance ne peuvent prévaloir sur le respect dû à la vie du patient. L’hydratation et la nutrition doivent être considérés comme des moyens ordinaires et proportionnés à leur but initial qui est de nourrir le patient. Jean Paul II nous a invités à améliorer la qualité du niveau de vie de nos sociétés en soutenant les familles des patients en état végétatif avec une attention et une solidarité particulières. Lorsque la société réussit à rendre légitime la suppression de l'individu – quel que soit le stade de la vie où il se trouve, ou quel que soit le degré de dégradation de sa santé, elle renie sa finalité et le fondement même de son existence, ouvrant la voie à des iniquités toujours plus graves. La ligne de conduite à adopter à l'égard du grand malade et du mourant devra donc s'inspirer du respect de la vie et de la dignité de la personne; elle devra avoir pour objectif de rendre disponibles les thérapies adaptées, sans toutefois s'abandonner à certaines formes « d'acharnement thérapeutique » ; elle devra s'informer de la volonté du patient à l'égard des thérapies extraordinaires ou à risque – auxquelles, sur le plan moral, il n'est pas obligatoire d'accéder – ; elle devra toujours assurer les soins ordinaires (y compris l'alimentation et l'hydratation, même artificielles) et s'attacher à fournir les soins palliatifs, en particulier le traitement adéquat contre la douleur, en favorisant toujours le dialogue avec le patient et son information. Ces brèves considerations se situent dans le cadre de l'enseignement permanent de l'Eglise qui, en s'efforçant d'être fidèle au mandat qui est le sien, « d'actualiser » dans l'histoire le regard d'amour de Dieu pour l'homme, surtout lorsque celui-ci est faible et souffrant, continue d'annoncer avec force l'Evangile de la vie, persuadée – comme elle l'est – que cet Évangile peut résonner et être accueilli dans le cœur de chaque personne de bonne volonté ; en effet, ne sommes-nous pas tous invités à faire partie du « peuple de la vie et pour la vie » ! (cf. EV 101). Homélie du lundi 4 avril 2005 Merci, Jean Paul II, pour nous avoir donné
Le père Rosica, érudit des écritures, a été le directeur national et président des Journées Mondiales de la Jeunesse 2002 à Toronto. Il est actuellement directeur général de Télévision Sel et Lumière, la television catholique canadienne. Il est aussi supérieur de la maison de formation des pères Basiliens à Toronto. Il a prononcé ce discours devant une importante assemblée de jeunes et de professeurs à l'Université de Toronto le 4 avril 2005, quelques jours après la mort de Jean-Paul II. Au cours d'un chaud week-end d'août 2004, alors que je travaillais dans nos nouveaux studios de Télévision Sel et Lumière (un projet inspiré de Jean-Paul II), deux moniteurs dans la régie diffusaient des scènes ayant lieu en deux endroits différents. Une chaîne de télévision montrait des scènes des jeux Olympiques d'Athènes – exaltant le corps humain dans sa jeunesse, dans son agilité, et dans sa beauté. L'autre montrait une scène théâtrale différente, celle d'un lieu catholique célèbre, dans les Pyrénées Méridionales en France. – Ne comportant ni sportifs ni athlètes mais un homme diminué, défiguré et souffrant comme beaucoup de pèlerins de Lourdes. L' acteur principal de ce moment tragique était le Souverain Pontife, âgé de 84 ans. Il est resté prier devant l'image de la Vierge Marie apparue il y a plus de 150 ans. Le contraste dramatique en ce week-end d'août a été un enseignement unique offrant au monde une vérité profonde sur la vie et la mort. La jeunesse et la vieillesse, le coût de l'engagement et du don de soi. Athènes et ses glorieux médaillés viennent et partent avec le temps. Lourdes et son pèlerin exceptionnel resteront gravés dans les mémoires et les coeurs des pèlerins et des téléspectateurs du monde entier qui, voyant ces images, se sont rendus compte que Jean-Paul II commençait la fin de son brillant pontificat de 27 ans. Il a été un acteur qui a compris la puissance du geste et du symbole, et a accepté de devenir lui-même un spectacle pour le monde. Le combat est maintenant terminé, le rideau est tombé, la course est gagnée, le paradis est sa victoire… Comment pourrions-nous définir un homme aussi complexe sur les plans politique, littéraire ou journalistique, par un seul mot : "conservateur", "libéral", "politicien", "Polonais", "vieillissant", "infirme", "incompétent", "mourant" ? Je pense que le Pape Jean-Paul II défie une analyse aussi simpliste. Il y a, toutefois quelques signes montrant ce qui lui permettait de continuer sa mission, de rester motivé ; des signes clairs de ce qu'étaient ses rêves et ses passions. Et pourquoi, de toutes les choses qu'il a faites, les jeunes du monde répondent avec tellement de franchise à ce vieux pape qui, en fin de vie, a représenté l'opposé du culte du corps et du mythe de la jeunesse éternelle, de la fausseté de la liberté sans engagement, de l'amour et de la sexualité sans responsabilité. Il ne les a pas présentés avec la façade creuse et les discours vides des hommes politiques, comme les héros sportifs et les personnalités d'Hollywood de notre jour. Et ils l'ont aimé pour cela. J'étais un étudiant universitaire de 19 ans le 18 octobre 1978, lorsque les Cardinaux de l'Eglise Catholique Romaine l'ont élu 264ème successeur de l'Apôtre Pierre. Ils ont appelé à Rome un homme non italien, un jeune athlete qui affrontait le monde et l'Eglise comme une tempête. Au moment de son élection, André Frossard, un journaliste français bien connu écrivit : « ce n'est pas un Pape de Pologne, c'est un Pape de Galilée ». La presse l'a surnommé « l'athlète de Dieu » et plus tard « l'astronaute de Dieu » parce qu'il a parcouru plus de trois fois la distance entre la Terre et la Lune au cours de plus de 100 voyages ou visites pastorales comme il les appelait. Il a réalisé un formidable travail en tant que « successeur de Pierre » au cours de ses vingt-sept années de Pontificat. Il a fait bien plus, il a été le « Successeur de Paul » qui a amené l'Eglise des rives du Tibre à Rome jusqu' aux confins de la terre. Au cours des vingt-sept dernières années, les yeux du mondes étaient rivés sur cet acteur polonais, ce philosophe, ce politicien, ce théologien, ce pasteur, ce prophète et ce poète. Le Chef de millions de Catholiques Romains a été le premier Pontife des medias, des satellites et d'Internet. Il a eu une présence centrale sur tous ces moyens de communications. Combien de fois a-t-il souri en lisant les gros titres « le Pape s'installe à la piscine de Castel Gondolfo » ou « le souverain Pontife sur les pistes des Abruzzi » ou « Wojtyla retourne en Pologne et fait du cheval dans les Tatras » pendant ses nombreux voyages dans son pays ? Comment pouvons-nous oublier, nous Canadiens, l'extraordinaire privilège de l'avoir accueilli lors de ses dernières vacances en 2002, lorsque le lac Simcoe, au nord de Toronto a été surnommé « la Mer Sainte » et les gros titres « le Pape aime sa retraite sur l'Ile aux Fraises », « Jean-Paul a rencontré des enfants handicapés du centre régional Huronia » ou « le Pape aime les Sœurs St. Joseph de Morrow Park à Toronto ». A travers tous ces moments, Jean-Paul II a fait tomber de nombreux rideaux du Vatican, montrant que les Papes sont des hommes et qu'ils ont besoin de se divertir, de prendre des repas avec des jeunes et faire des promenades. Imaginez l'impact de telles images sur des jeunes ! Je le sais car ils m'en font part. En fait, les six fois où je suis allé rendre visite au Pape après les Journées Mondiales de la Jeunesse, avec une lueur dans ses yeux et un sourire il m'a parlé de Strawberry Island ! Je n'ai pas été longtemps un Père Basilien mais plutôt « un de la "Padri dell'Isola", un des "Pères de l'île" », m'a-t-il dit. Finis les jours où au Vatican les Basiliens étaient simplement connus pour leurs enseignements dans les Universités à travers l'Amérique du Nord et particulièrement au Canada. Depuis ce Pape, notre île de retraite estivale a laissé sa marque. Mais qu'est-ce qui a bien pu le maintenir et l'inspirer tout au long de ces années ? Derrière cette foi mystique dans le Christ, son amour pour l'Eglise et son espérance, il est resté une personne jeune. Au cours d'une conférence de presse au National Trade Center, pendant les Journées Mondiales de la Jeunesse, un des journalistes d'Amérique du Nord m'a demandé publiquement : « Quels médicaments prend le Pape pour rester en vie ? » Le Vatican m'avait demandé d'éviter de répondre à ce type de question mais dans un merveilleux silence je lui ai répondu : « il a deux médicaments prescrits : l'un est les jeunes et l'autre est Strawberry Island ». La salle s'est mise à rire et le secrétaire du Pape s'est penché vers moi pour me dire simplement : « Bravo, c'est exactement ça ! ». Lors de son discours d'inauguration le 22 Octobre 1978, il a dit aux jeunes « vous êtes l'espoir de l'Eglise et du monde. Vous êtes mon espérance. » Jean-Paul II les a toujours aimés et a cru tout au long de son ministère à la présence de la jeunesse. Il était en train de faire du canoë avec des jeunes lorsque Pie XII l'a nommé évêque en 1958. Les pièges du sacerdoce et les tâches administratives de l'épiscopat ne l'ont pas éloigné de son amour pour les jeunes. Jean-Paul II savait que sans l'amour et la présence des jeunes, l'Eglise n'avait pas de futur. Il a écrit à ce sujet : « A chaque fois que j'ai rencontré des jeunes, au cours de mes voyages à travers le monde, je n'attendais d'eux qu'une chose : qu'ils me parlent d'eux, de leur société et de leur Eglise. Je precise toujours : "ce que je vais vous dire est moins important que ce que vous me direz. Ce n'est pas nécessaire de me le dire par des mots, votre présence, vos chants et aussi vos danses et finalement votre enthousiasme me suffisent." » Une leçon que certains d'entre nous, qui sommes des ministres et des responsables de l'Eglise, devraient mettre dans leur cœur rapidement si nous voulons donner une forte pertinence à l'Evangile. Depuis le début de son pontificat, il a insisté sur ces rencontres avec les jeunes à chaque fois qu'il visitait une paroisse ou un pays. Construisant sur la tradition de son prédécesseur Paul VI à l'aube de son règne (1976), Jean-Paul II a invité des groupes de jeunes à venir à Rome en 1984 pour le Jubilé de l'année de la Rédemption. En mars 1985, il réitéra cette invitation le dimanche des Rameaux qu'il déclara Journée Mondiale de la Jeunesse, dans le cadre de l'année internationale de la jeunesse. « Personne n'a inventé les Journées Mondiales de la Jeunesse, ce sont les jeunes eux-mêmes qui les ont créées », a écrit Jean-Paul II en 1994 dans son livre Entrez dans l'espérance. En effet, il les a appelés une première fois et ce sont eux qui l'ont découvert. Toutes les Journées Mondiales de la Jeunesse y compris celles de Toronto ont été une surprise pour les prêtres et les évêques ; elles ont dépassé toutes les estimations ! Jean-Paul II a eu une très grande crédibilité auprès des jeunes catholiques. Aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Rome en 2000, il a appelé tous les jeunes du monde « sa joie et sa couronne ». En Juillet 2002 à Toronto, il nous a montré la même chose. Les jeunes d'aujourd'hui traversent une crise de paternité. Je suis convaincu qu'ils s'en remettent à lui parce que dans beaucoup de cas, il était le père qu'ils n'ont jamais eu et le grand-père dont l'absence s'est fait ressentir dans de nombreuses vies. Jean-Paul II était à la fois un roc, une boussole et un ami exigeant. Il nous a fait découvrir à tous, notre jeunesse, notre générosité et notre joie pendant qu'il nous invitait à devenir le sel et la lumière dans un monde, une société ou une culture qui est si cynique, si insipide et si souvent exempte de la saveur et de la joie de l'Evangile, et de la lumière et de l'espoir du Christ. Au cours de la messe de clôture des 17èmes Journées Mondiales de la Jeunesse à Downsview Park à Toronto le Dimanche 28 juillet 2002, le Pape a parlé avec des mots profondément personnels et émouvants à une foule de plus de 850 000 personnes « Vous êtes jeunes, le Pape est âgé. Mais le Pape fait encore siennes vos attentes et vos espérances. Même si j'ai vécu des moments de profondes ténèbres, sous de durs régimes totalitaires, j'ai vu assez de choses pour être convaincu de manière inébranlable qu'aucune difficulté, qu'aucune peur n'est assez grande pour étouffer complètement l'espérance qui jaillit éternellement dans le coeur des jeunes. Vous êtes notre espérance, les jeunes sont notre espérance. Ne laissez pas mourir cette espérance ! Pariez votre vie sur elle ! Nous ne sommes pas la somme de nos faiblesses et de nos échecs ; au contraire, nous sommes la somme de l'amour du Père pour nous et de notre capacité réelle à devenir l'image de son Fils. » Partout, la joie et la ténacité personnelles de Jean-Paul II se reflétaient dans les jeunes. Lors de sa visite à Berne, en Suisse, le 6 juin 2004, il a eu plus que jamais besoin des jeunes. Avant que le Pape arrive en Suisse, une quarantaine de prêtres et de leaders ont signé une lettre ouverte proposant que le Pape démissionne en raison de son âge et de la faiblesse de sa santé. Un sondage a rapporté que 74% des suisses étaient d'accord avec la pétition mais dans l'arène des glaces de Berne, l'ambiance était tout autre. Le Souverain Pontife a tout fait pour lire lui-même la première phrase de son discours. Apres trois tentatives, les 13 000 jeunes ont applaudi en signe d'encouragement. A ce moment, un évêque s'est approché pour prendre le micro et a voulu faire lire le texte par quelqu'un d'autre. Le Pape a alors tapé la main de son assistant pour reprendre le micro et la foule a éclaté de joie. Jean-Paul II a joué son rôle d'acteur en reprenant le dessus. Il a alors lu son discours sans s'arrêter. Au cours de cet événement, la Pape est parvenu non seulement à parler, mais aussi à communiquer, chose que beaucoup de chefs politiques et religieux ne parviennent pas à faire. La foule a réagi au discours, donnant au Pape une des plus grandes acclamations de son pontificat. Ils ont applaudi d'une manière si impressionnante, avec fougue, quand il leur a dit que le christianisme n'était pas une idéologie, un livre ou un système mais surtout une personne, le Christ. La jeunesse Suisse et les millions de téléspectateurs ont vu l'intensité du Pape à parler de sa vie, à dire que c'était une très belle chose de « donner sa vie pour le Royaume de Dieu ». Tous sont devenus fous de joie quand le Pape, à la fin de son discours, a annoncé d'une voix ferme et claire : « le Christ vous parle, Ecoutez le ». La foule a assisté à une autre scène entre le Pape et son secrétaire, Jean-Paul II lui demandant de lui rapporter le micro. Il voulait dire au revoir en allemand, en français et en italien, trois des quatre langues parlées en Suisse. Quelle énergie a-t-il donnée « à ses chers jeunes amis » ce jour. Quelle énergie et quel encouragement nous a-t-il donnés ! La relation était réciproque. Nous pouvons aisément imaginer la frustration et la tristesse du Pape lors du dimanche des Rameaux alors qu'il n'a pas été capable de descendre place St Pierre pour présider la magnifique liturgie des Rameaux (le 20ème anniversaire des Journées Mondiales de la Jeunesse) avec plus de 50 000 personnes présentes dont de nombreux jeunes. A la place il a dit à la foule : « je me rends compte, de plus en plus, de combien ce jour est providentiel et prophétique : le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, qui est devenu Votre jour. Ce cadeau contient une grâce spéciale, celle de la joie qui, unie à la croix, résume le mystère chrétien. N'est-il pas remarquable que le Pape ait vu ses amis comme une métaphore du renouvellement et de l'espoir. Ce qui est remarquable aussi, c'est que les jeunes aient saisi ce message. Ainsi, tous se sont compris. Très peu de leaders ont eu un impact aussi fort sur les jeunes comme en a eu Jean-Paul II. Quels seront les messages et les legs de Jean-Paul II pour les jeunes qui se considèrent comme faisant partie de la « génération Jean-Paul II » ? Pour ma part, je me considère comme faisant partie de cette génération. Le Pape lui-même a souvent dit « dans les desseins de la providence, il n'y a aucune coïncidence ». Peut être cet homme est devenu pape car le monde et particulièrement les jeunes avaient besoin d'entendre ce message ces dernières années. En premier lieu, le Pape a centré son message sur Jésus Christ en tant que Seigneur et sauveur unique de tous afin que tous les croyant aient un rapport profond et personnel avec Jésus. Le Christianisme, le catholicisme et les sacrements ne sont pas des idées ou des symboles, ce sont une seule personne et son nom est Jésus. Il doit être le centre de tout ce que nous faisons. Tout doit commencer par lui. Les nouveaux programmes pastoraux de théologie et le New Age, politiquement correct, ne nous sauveront pas. Jésus, lui, nous sauvera. Vient en second lieu la dignité humaine. En parlant de Jean-Paul II, il y quelques années, le président Georges W. Bush, un des plus grands admirateurs du Pape, a déclaré : « un jeune séminariste, Karol Wojtyla, a vu la croix svastika au dessus des remparts du château de Wawel. Il a partagé la douleur de ces personnes et a été réquisitionné pour le travail obligatoire. L'expérience de la foi lui a donné une vision : que chaque personne doit être traitée avec dignité parce que chaque personne est connue et aimée de Dieu. Jean-Paul II a impressionné la nouvelle génération par la dignité et le caractère sacré de la vie, des premiers jusqu'aux derniers moments de la vie. La vie est un extraordinaire cadeau de Dieu qu'il faut chérir, honorer et protéger. Est-ce une surprise pour des milliers de jeunes qui se considèrent comme pour la vie, alors que leurs parents sont instables et simplement axés sur les questions de la vie et de la mort ? Dans la « culture de la vie » de Jean-Paul II, nous devons faire une grande place à l'étranger et au sans-abri. Nous devons soulager et donner des soins aux malades et aux mourants. Nous devons nous occuper des personnes âgés et des abandonnés. Nous devons accueillir l'immigré et défendre les enfants innocents qui sont à naître. Troisièmement, Jean-Paul II nous a aidés à nous rendre compte que l'Eglise se mourait dans les endroits politiquement corrects où l'Evangile est prêché comme simple option de vie dans un supermarché des spiritualités, sans l' engagement d'appartenir à l'Eglise. L'Eglise prospère là où l'Evangile est prêché avec clarté, charité, piété et dévotion dans sa pleine intégralité. Jean-Paul II a dit aux jeunes d'annoncer la vérité de la Croix en annoncant la Bonne Nouvelle. Les jeunes ont pris ces mots à la lettre et ont porté la croix pendant les vingt dernières années. Pas simplement les deux faisceaux de bois mais aussi le puissant message de la croix. Au Canada, nous ne sommes pas près d'oublier les très fortes images de la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse autour du Monde. Pour ce pèlerinage historique de 43 000 kilomètres d'un océan à l'autre, le Pape avait confié la croix à des jeunes. Ils l'ont portée triomphalement à travers la terre, presque comme une flamme olympique. Quatrièmement, Jean-Paul II nous a enseigné l'aventure de l'orthodoxie : le défi de la fidélité, de l'intégrité, de l'authenticité et de la solidarité est ce qui attire les jeunes d'aujourd'hui. Pour des jeunes qui ne veulent pas vivre dans un monde qui constamment flatte bassement la jeunesse, ou une Eglise provocante qui compromet la vérité avec la charité et la pastorale, ces propositions sont très attrayantes. Combien de fois Jean-Paul II a-t-il parlé aux jeunes en leur rappelant que la famille est l'endroit privilégié pour l'accomplissement de la personne et de la société, et que le futur du monde et de l'Eglise passe par elle ? Cinquièmement, Jean-Paul II a publié un appel à l'engagement. A ses amis il a dit : « nombreuses sont les voix qui exigent d'être partout : ces voix disent que le bonheur passe par l'argent, par le succès, ou la puissance. La plupart du temps ils proposent une joie qui vient avec le plaisir superficiel et passager ». L'appel alternatif était le refrain de Jésus. « Il appelle à être le sel de la terre et la lumière du monde, pour vivre dans la justice, pour devenir des instruments de l'amour et de la paix ». Le choix était difficile à faire et irrévocable. Il était entre « le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres et entre la vie et la mort ». Il n'y avait pas de raccourci ni de compromis pour Jean-Paul II, seulement la clarté. Et c'est ce que cherchent les jeunes d'aujourd'hui, non pas des réponses rapides, mais la simplicité de l'Evangile. Combien de personnes ne sont plus effrayées après avoir vu un Pape qui n'avait pas peur ! Combien de jeunes séminaristes et de religieux ont dit « oui » grâce a lui ! Combien de jeunes couples se sont engagés l'un envers l'autre dans le mariage à la suite de sa théologie profonde sur le corps ! Combien de gens ont fait des choses extraordinaires sous son influence, par son enseignement et suite à ses gestes ! Une des leçons les plus profondes que nous pouvons retenir du crépuscule de son pontificat, est que chacun doit souffrir, même le Vicaire du Christ. Plutôt que de cacher ses infirmités, comme le font la plupart des homes publics, il a laissé le monde entier voir par où il est passé. Le dépassement de ce Pape n'a pas eu lieu dans en secret mais devant les caméras de télévision du monde entier. A la toute fin de sa vie, l'athlète a été immobilisé, sa voix distincte et éclatante s'est amoindrie et cette main qui a produit de si nombreuses encycliques n'a plus été capable d'écrire. La dernière homélie de Jean-Paul II était une icône des derniers mots de son maître galiléen Simon Pierre : « "en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu nouais ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, et un autre nouera ta ceinture, et il te conduira là où tu ne voudrais pas aller." […] et après cette parole il lui dit : "Suis-moi." » [Jean 21 : 18-19] Rien n'a fait hésiter Jean-Paul, même la maladie de parkinson et finalement son incapacité à parler et à se déplacer. Dans une culture d'obsession de la jeunesse dans laquelle les gens sont constamment invités à combattre ou à nier les ravages du temps, de l'age, et de la maladie, il nous est rappelé que le vieillissement et la souffrance sont des moments normaux de la vie humaine. Là où les vieux et les infirmes sont tellement facilement mis dans des maisons de repos et souvent oubliés, le Pape était un rappel opportun et puissant que nos parents, grands parents, les malades, les handicapés et la mort ont une grande valeur. Beaucoup de jeunes se sont confiés à moi au cours de ces dernières années et disent qu'ils ont été privés de leur grand-père dans leurs familles et ont trouvé dans l'affaiblissement et la souffrance de Jean-Paul II la vraie signification du vieillissement et de la douleur. J'ai eu des nouvelles de ces jeunes à plusieurs reprises me confiant encore « je le sens comme si il était mon grand-père ». La douleur peut soigner. La douleur et l'affaiblissement les plus durs peuvent révéler le meilleur des personnes. Dans un contexte de culture de la mort, où la vie est bon marché et l'euthanasie sur nos seuils, Jean-Paul II mourant a donné la nouvelle signification à l'Evangile de la vie dans sa beauté torturante. L'historique pontificat de Jean-Paul II a commencé avec ces mots qui sont devenus le refrain des 27 dernières années : « N'ayez pas peur, ouvrez les portes au Christ ». Les jeunes de la génération de Jean-Paul II ne doivent pas être écartés. Ils sont ici pour rester. Il ne fait aucun doute que le successeur de Jean-Paul II partira sur les bases posées par le pontife polonais. Il aura aussi à terminer les affaires non finies, comme celles que tout chef laisse avant de se retirer. Nous pouvons seulement espérer et prier pour que son successeur ait la sagesse et la force de garder la « génération Jean-Paul II » au cœur de son ministère apostolique. L'acteur Jean-Paul II a donné une performance sur la scène mondiale. A ses chers jeunes amis, il était vraiment de la classe supérieure dans la scène évangélique de la vie et de la mort.
Texte du Père Thomas Rosica, C.S.B. pour le premier anniversaire de la Journée mondiale de la jeunesse à Toronto en 2002, le 27 juillet 2003 : « Nous nous sommes sentis bien
Père Thomas Rosica, C.S.B. Président directeur-général, Télévision Sel et Lumière, anciennement PDG de la Journée mondiale de la jeunesse 2002 Lorsque je me rappelle le grand événement de la Journée mondiale de la jeunesse 2002, et que je lui laisse prendre ses dimensions réelles et authentiques, une image semble dominer : les presques violents et féroces vents et tempêtes qui ont déferlés sur le parc Downsview le matin du dimanche 28 juillet 2002. Une puissante tempête qui a soufflé de l’ouest – une tempête qui a quasiment empêché le décollage de l’hélicoptère papal à Morrow Park. Une tempête qui a déchiré une partie du toit de la plus large scène jamais construite en Amérique du Nord. Une tempête qui a trempé les centaines de milliers (plus de 850 000) de jeunes campant sur cette ancienne base militaire et piste d’atterrissage. Une tempête qui a mouillé plus de 600 évêques et cardinaux, de même que le Pape quand nous l’avons amené sur scène. Ce moment où quatre jeunes le menèrent à la vue de la foule – les vents déferlaient plus que jamais – fut le seul moment durant tout l’événement où j’ai été en quelque sorte terrifié. Les évêques devaient tenir leur mitre transportée dans les airs. Tout sur la scène était prêt à s’envoler – les livres, la nappe de l’autel, les chaises. Entouré par les chefs de police de presque partout au Canada, j’ai prononcé quelques prières en silence, implorant Dieu de nous laisser passer ce dernier défi, cet ultime obstacle. Pour moi et pour beaucoup d’autres, ce fut le vent de la Pentecôte dont nous entendons parler dans les Actes des Apôtres, Chapitre 2. Au milieu de cette violente tempête, les nations de la Terre – au moins 172 d’entre elles étaient réunies sur ce terrain – se comprirent en se rassemblant autour de Pierre en ce matin de juillet. C’était ce vent qui a mené la croix de la JMJ d’un océan à l’autre, partout au Canada – a mari usque ad mare. Et maintenant, sur la rive du lac Ontario, je crois que l’Église est née de nouveau au Canada. Plus que tout, ce sont le vent et les arbres qui ont servi de témoins privilégiés aux jeunes pèlerins qui ont honoré notre terre et notre Église l’été dernier. Les arbres de University Avenue ont étendu leurs branches tel un enveloppant et verdoyant manteau autour du demi million de personnes en cet inoubliable vendredi soir, le 26 juillet 2002, lorsque Jésus et ses amis marchèrent sur ce majestueux boulevard à l’occasion de cette poignante Via Crucis, regardée par plus d’un milliard de personnes à travers le monde. L’un des plus incroyables moments de l’été dernier fut lorsque les médias du monde, plus de 4 000 venues à Toronto et au Canada, ont grimpé aux arbres pour capter au passage cet incroyable événement se déroulant devant eux. L’image gravée en ma mémoire en pensant à toutes ces activités est l’histoire de Zachée. Les médias ont grimpé bien haut dans les arbres et ont regardé. Et au moment où des centaines de milliers de jeunes disciples ont défilés, un par un, les sceptiques et curieux sont descendus de leurs branches pour prendre part au grand pèlerinage. Plusieurs journalistes accrédités à l’événement étaient critiqués par leurs plus sceptiques collègues : « Vous avez sauté la clôture, vous avez perdu votre objectivité professionnelle – vous prenez part à l’histoire. » Ils sont venus pour voir le Pape – ils ont finalement rencontré Jésus. Ils ont pleuré – ils ont été touchés, ils se sont fait de nouveaux amis. Les théories précédentes sur les jeunes sans foi et la « génération sans Dieu » ont été laissées de côté pour en formuler de nouvelles. En journalisme, certains estiment qu’il s’agit d’un manque d’objectivité. Pour nous en Église, nous appelons cela « évangélisation », « transformation » et « conversion ». Ils ont simplement voulu toucher ce qu’ils avaient entendu et vu de leurs propres yeux. Et ils l’ont fait. Nous préférons peut-être parler de la JMJ comme quelque chose tenant du passé – qui a illuminé les ombres et la monotonie de nos vies lors d’un brillant moment de notre histoire en 2002. Dans un monde empreint de terreur et de peur, d’écroulement financier et de scandales ecclésiaux, la Journée mondiale de la jeunesse a présenté une vision alternative du monde, d’une touchante beauté. Certains ont qualifié ces fastes journées de juillet 2002 de moments « Camelot ». Voilà une façon de considérer la JMJ – vagues souvenirs d’un extraordinaire moment de l’histoire canadienne. Il y a, cependant, une autre voie : la voie de l’Évangile. L’histoire de l’Évangile n’est pas à propos de Camelot mais plutôt de « Magnificat », invitant constamment les chrétiens à prendre pour exemple l’hymne de louanges et d’actions de grâce de Marie face aux multiples façons que Dieu Tout-Puissant s’est dévoilé au cours de l’histoire de l’Humanité. La résurrection de Jésus n’est pas un souvenir distant, mais une Bonne Nouvelle qui continue de s’accomplir encore aujourd’hui. L’histoire chrétienne ne tient pas du folklore ou de la nostalgie – un rappel des débuts triomphants de l’Église. Si les disciples avaient choisi cette voie, le message de l’Évangile serait maintenant sous protection au Louvre ou au « British Museum », et non pas en vie et coulant dans les veines de millions de chrétiens partout sur la planète. Les souvenirs de la JMJ 2002 s’évaporent tranquillement, prenant le chemin du légitime passé dans le royaume de notre mémoire et de l’Histoire. Ces souvenirs ne mourront qu’à la manière du grain de blé qui meurt pour porter fruit. Ce qui reste de cette extraordinaire rencontre entre Jésus et ses jeunes amis – entre les jeunes pèlerins et ce bien-aimé vieil homme en blanc qui voyagea des berges du Tibre aux rives du lac Ontario pour une réunion – une rencontre – un moment « Kairos » l’été dernier. Nous commençons tranquillement à comprendre le mélange d’émotions qui nous vient de ce temps et de ces endroits et pourquoi, lorsqu’ils disparaissent, nous devons intensément valoriser l’expérience de la Journée mondiale de la jeunesse et chérir les ombres de lumières qui se sont lancées sur Toronto, l’Ontario et tout le Canada à un moment où nous avions besoin d’être soutenus et encouragés pour que nous puissions « avancer au large ». Je prie pour que le vent puissant de la Pentecôte continue de souffler partout au sein de l’Église canadienne et spécialement dans le grand Archidiocèse de Toronto – et avec ce vent une intense flamme envoyée par l’Esprit de Dieu. Que ce vent souffle maintenant d’un océan à l’autre, amenant à son plein épanouissement une Église qui est née de nouveau en ce 28 juillet 2002 au Parc Downsview, au cœur de Toronto. Que les langues de feu que nous avons expérimentées en grande quantité en juillet dernier s’allument doucement une nouvelle fois et nous donnent le courage de constamment laisser dans notre Église la place aux jeunes, qui sont la garantie du Christ d’une joie et d’une jeunesse éternelle. Durant l’Angélus au Parc Downsview le dimanche 28 juillet 2002, le Saint Père a merveilleusement résumé le sentiment de millions de jeunes qui ont été touchés d’une façon ou d’une autre par la Journée mondiale de la jeunesse 2002. « Alors que nous nous apprêtons à rentrer chez nous, je vous dis, avec saint Augustin : "Nous nous sommes sentis bien sous la commune lumière. Nous nous sommes réjouis et nous avons exulté de joie ensemble. Maintenant que nous devons nous séparer, essayons de ne pas nous détacher de Lui, le Christ." » Un an plus tard, pouvons-nous désirer quelque chose de plus que ces mots et pensées pour notre propre Magnificat de louanges, d’actions de grâce et promesses d’actions ? |
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