Quelle Église sommes-nous appelés à être ? « Va et fais de même » | Comme je vous ai aimés

La parabole du bon Samaritain. Crédit photo Istock.

Quelle Église sommes-nous appelés à être ? « Va et fais de même »

Une réflexion sur le chapitre 3 de Dilexi te

 

La réflexion de la semaine dernière portait sur la manière dont Dieu choisit d’être aux côtés de ceux et celles qui connaissent la pauvreté, l’exclusion, la marginalisation et la souffrance. Voir Dieu sous cet angle peut changer notre compréhension de qui il est et de la manière dont il nous voit. Dieu n’est pas un juge sévère, mais un rédempteur compatissant qui reste particulièrement proche de ses enfants qui sont le plus dans le besoin. Si Dieu est ainsi, qu’est-ce que cela signifie pour l’Église ? Le chapitre 3 de l’exhortation apostolique Dilexi te du pape Léon XIV apporte un éclairage précisément sur cette question. 

 

Une Église pour les pauvres

Si Dieu est pour les pauvres, alors l’Église doit elle aussi être pour les pauvres. C’est dans ce sens que nous pouvons interpréter la célèbre déclaration du pape François : « Comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! » C’est par ces mots, quelques jours après son élection comme pape en 2013, que François a expliqué comment il avait choisi son nom. A la fin du conclave, un cardinal d’Amérique latine assis près de François lui a chuchoté : « N’oublie pas les pauvres ! » Pour garder les pauvres au cœur de son ministère, le pape a choisi de s’appeler en l’honneur de saint François d’Assise. 

Saint François d’Assise venait d’une famille assez aisée. Son père était un riche marchand de soie et sa mère était issue de la noblesse provençale. Il a mené une vie fastueuse tout au long de sa jeunesse, s’habillant somptueusement et dépensant sans compter. L’histoire raconte qu’un jour, il vendait les tissus raffinés de son père sur le marché. Alors que François servait des clients, un mendiant s’approcha de lui pour lui demander de l’argent. François lui dit d’attendre son tour. Lorsque l’homme s’éloigna, François courut après lui et lui donna tout l’argent qu’il avait dans sa bourse. Un événement similaire se produisit plusieurs années plus tard, lorsque François passa à cheval près d’un lépreux au bord de la route. Au début, François eut peur de cet homme, mais il finit par descendre de cheval et s’approcha de lui, lui baisa la main et lui donna son manteau. Alors que François poursuivait son chemin, il se retourna, mais l’homme avait disparu. François comprit à cet instant qu’il n’avait pas simplement rencontré un lépreux, mais le Christ lui-même en chair et en os.

Ce fut un tournant dans la vie de François d’Assise. Il renonça à son statut social et embrassa la pauvreté afin de suivre le Christ de plus près et de se consacrer entièrement au service des autres. François voyait dans les pauvres et les souffrants le visage et la chair de Jésus. Comme le fait remarquer le pape Léon à propos de François d’Assise, « sa pauvreté était relationnelle : elle le conduisait à se faire proche, égal, voire inférieur. Sa sainteté germait de la conviction que l’on ne peut vraiment recevoir le Christ qu’en se donnant généreusement aux frères » (n° 64).

Le modèle de vie de François d’Assise est une source d’inspiration pour toute l’Église. Si l’Église est appelée à être centrée sur le Christ, elle ne peut pas maintenir les pauvres et les souffrants en marge. Ils doivent être au centre de l’attention de l’Église, comme ils le sont pour le Christ.

 

Les saints des pauvres

La vie des saints peut nous inspirer à être une Église qui garde dans son esprit et dans son cœur les personnes qui vivent dans la pauvreté et la souffrance. Nous pouvons penser aux nombreuses communautés religieuses de femmes et d’hommes qui, à travers les âges, ont consacré toute leur existence à soigner les malades, à visiter les détenus, à accueillir les étrangers et à éduquer les enfants défavorisés, mettant en pratique le message de Jésus dans Matthieu 25.

 

Saint Laurent, diacre et martyr

Dès les premières communautés chrétiennes, les pauvres occupaient une place privilégiée dans l’Église. Au cours des premiers siècles du christianisme, alors que les chrétiens étaient martyrisés par l’Empire romain, saint Laurent était diacre dans la ville de Rome. Laurent, diacre au service du pape Sixte II, reçut l’ordre de remettre les trésors de l’Église aux autorités romaines. Le jour venu, Laurent emmena avec lui les pauvres.

Lorsque les autorités protestèrent, Laurent répondit simplement : « Ce sont eux les trésors de l’Église » (n° 38). Plus tard, Laurent subit le martyre, mais la puissance de son témoignage résonne encore aujourd’hui.

 

Saint Jean Chrysostome, prédicateur de l’amour pour les pauvres

Le témoignage de Laurent rappelle les paroles de saint Jean Chrysostome, l’un des pères les plus renommés de l’Église. Jean Chrysostome appelait les fidèles à reconnaître le Christ dans ceux et celles qui sont dans le besoin. Il prêchait :

« Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu et, pendant qu’ici tu l’honores par des étoffes de soie, ne le méprise pas à l’extérieur en le laissant souffrir le froid et la nudité […]. En effet, [le corps de Jésus-Christ qui est sur l’autel] n’a pas besoin de vêtements, mais d’une âme pure, au lieu que cet autre a besoin de beaucoup de soin. […] Honore-le donc aussi de la manière qu’Il a établie, c’est-à-dire en donnant ses richesses à des pauvres. Dieu n’a pas besoin d’objets en or, mais d’âmes en or » (n° 41).

Les trésors de l’Église ne sont pas les calices en or ou les objets exposés dans les musées du Vatican, mais ceux et celles qui sont les plus précieux aux yeux de Jésus, avec lesquels il s’identifie personnellement. Ils doivent être au cœur même de la vie et de la mission de l’Église. Nous ne pouvons pas vraiment rencontrer le Christ sur l’autel si nous ne sommes pas prêts à le rencontrer dans le sans-abri qui dort dans le froid sur le seuil de l’église.

 

 

Mère Teresa, icône universelle de la charité

Plus récemment, le monde a connu l’exemple prophétique de Mère Teresa. Un jour, un journaliste lui a demandé ce qui la motivait à se dévouer quotidiennement aux personnes mourantes et abandonnées. Sans ciller, elle a tout de suite répondu, reprenant les paroles de Jésus : « C’est à moi que vous l’avez fait ». Comme le dit le pape Léon, Mère Teresa « est devenue une icône universelle de la charité vécue jusqu’à l’extrême en faveur des plus exclus de la société » (n° 77).

Mère Teresa a vécu de manière radicale le message qu’elle prêchait : « Nous voulons annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres : que Dieu les aime, que nous les aimons, qu’ils sont quelqu’un pour nous, que, eux aussi, ont été créés par la même main amoureuse de Dieu pour aimer et pour être aimés. Nos pauvres gens, nos splendides gens, sont des gens tout à fait dignes d’amour. Ils n’ont pas besoin de notre pitié ni de notre compassion. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité » (n° 77).

Selon le pape Léon, Mère Teresa « ne se considérait pas comme une philanthrope ou une militante, mais comme une épouse du Christ crucifié, qui servait avec un amour total les frères souffrants » (n° 77).

Inspirés par le témoignage des saints, nous pouvons nous demander : comment manifestons-nous l’amour de Dieu aux personnes qui sont dans le besoin ? Nos familles, nos paroisses et nos communautés sont-elles des lieux accueillants pour les pauvres, les malades et les personnes qui souffrent ? Quelle place est-ce qu’on leur accorde dans nos cœurs et dans nos priorités ? Sommes-nous prêts à consacrer du temps et des ressources pour venir à leur rencontre et à leur aide ? Sommes-nous prêts à reconnaître en eux le Christ qui vient à notre rencontre ? 

« La sainteté chrétienne fleurit souvent dans les lieux les plus oubliés et les plus blessés de l’humanité. Les plus pauvres parmi les pauvres – ceux qui manquent non seulement de biens, mais aussi de voix et de reconnaissance de leur dignité – occupent une place spéciale dans le cœur de Dieu. Ils sont les préférés de l’Évangile, les héritiers du Royaume (cf. Lc 6, 20). C’est en eux que le Christ continue de souffrir et de ressusciter. C’est en eux que l’Église retrouve sa vocation à montrer sa réalité la plus authentique » (n° 76).

Jésus, ouvre nos oreilles à l’appel radical de l’Évangile. Ouvre nos yeux pour que nous te voyions dans nos frères et sœurs qui sont dans le besoin. Ouvre nos mains pour offrir ce que nous avons, et transforme nos cœurs pour les rendre plus semblables au tien. Amen.

 

En ce Carême, centrez votre vie sur l’essentiel !

Le Carême, jeûne avec du pain, de l’eau et le rosaire par Antonio Gravante sur Cathopic.

C’est quoi le Carême pour vous et quel jeûne suivez-vous ?

 

Récemment, dans son message pour le Carême du vendredi 13 février, le pape Léon XIV invite les fidèles catholiques à écouter la Parole de Dieu et à jeûner. À jeûner non seulement de nourriture mais aussi « par la langue ». Autrement dit, à éviter « les mots et les paroles qui heurtent et blessent le prochain ». De plus, le Carême nous offre un temps liturgique qui incite « à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie », et à ne plus se disperser entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes. Le Pape encourage les fidèles à « prêter l’oreille à la voix du Seigneur ». Il recommande l’écoute de la Parole de Dieu dans la Bible, mais aussi l’écoute de la voix « de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse ». 

Pour vivre un Carême riche de sens, nous devons alors « Écouter et jeûner ». Nos actions sont les voies à prendre sur notre chemin vers Pâques. Elles forment la boussole de notre vie chrétienne. Nous devons nous éloigner des distractions quotidiennes, calmer tout désir et faire le plus de place à Dieu, en adoptant le recentrement, le jeûne et l’effort de l’ouverture au prochain. Oui, rien ne peut s’effectuer sans effort ! Pensons aux saints du Ciel qui ont déjà vécu sur terre comme nous maintenant ; mais avec leurs efforts continus, ils garantissent une meilleure place aux côtés du Père Céleste. Que nous soyons catholiques ou non, le temps du Carême est vu et considéré comme un temps d’examen de conscience, de recentrement et de renouveau. Nous avons à suivre l’axe ou la Croix qui nous définit comme fils ou fille de Dieu. Ceci, nous pousse à garder en vue notre relation avec notre Créateur et celle avec notre prochain. Pour le Carême, prenons quelque temps pour exercer un retour sur nous-mêmes, afin de faire un examen de conscience et mettre des priorités majeures dans notre vie : Écouter attentivement la voix du Seigneur, la souffrance d’un.e proche où il ou elle se trouve, et veiller à ce que leur vie soit digne et décente ; sans oublier l’essentiel : le jeûne ! Réagissez à cet article en nous partageant comment avez-vous commencé votre Carême et quel jeûne suivez-vous ? 

Mujaddara du Moyen-Orient avec  riz et bulgur (blé). Photo Istock.

Je me rappelle que dans notre famille, nous suivons les recommandations de l’Église sur le Carême, en adoptant l’arrêt de nourriture et de l’eau de minuit jusqu’à midi le jour suivant. Nous devons jeûner les mercredis, les vendredis et la Semaine Sainte. Nous remplaçons la viande par du poisson, des légumineuses, des olives et des légumes en salade…. Trop souvent, il m’a été très difficile de suivre la discipline, de m’éloigner des desserts et surtout du chocolat, sans penser à la pénitence, à la culpabilité de ne pas être pardonnée et la peur de tricher. Et que peut-être le Seigneur va me punir pour ne pas respecter les exigences fixées, etc. Mais, tout le monde autour de moi ne mange pas de viande au moins la 1ère et dernière semaine. Nous marchons dans les rues de la ville et l’odeur de la Moujaddara, le plat typique pour le Carême fait avec des lentilles, beaucoup d’oignons et de l’huile d’olive, et qui embaume l’espace. Ce plat incontournable est simple, économique avec peu d’ingrédients, est aussi un repas sain, riche en fibres et en protéines végétales. En réalité, tout le monde embarque dans ce cheminement vers Pâques sans poser trop de questions.

 

Pourquoi je jeûne ? 

Prenons quelque temps afin de planifier notre jeûne avec un but précis, loin des réseaux sociaux, la folie du monde bruyant et de tout ce qui nous déconcentre du Christ, et pour faire un examen de conscience qui nous aide énormément à comprendre les raisons du jeûne. Le jeûne n’est qu’une discipline de notre corps et de notre esprit. Je ne jeûne pas parce que c’est une « tendance » qui interpelle bien des personnes. Nous jeûnons pour consolider et fortifier notre volonté. Pour nous nettoyer et nous éloigner du péché. Nous devrions être convaincu.es des raisons d’arrêter, par exemple un plaisir éphémère qui draine notre énergie, et nous accrocher à la Parole de la Bible, en mettant le Seigneur au centre de notre vie et l’aide au prochain qui souffre d’avoir peu de chances. Si je décide d’arrêter la nourriture que j’aime ainsi que d’autres privations alimentaires, etc. En quoi, mon jeûne va-t-il être distinct et différent de n’importe quelle autre diète ?

Le jeûne est une période de sacrifice, mais d’amour ; de discipline et un vrai retour vers Dieu. C’est un sacrifice joyeux, une privation, une joie qui grandit. Même les enfants peuvent sacrifier quelque chose, ils peuvent s’en passer de jouer, de manger des sucreries, etc. Ce fait nous a accompagnés pendant de longues années. Il ne fallait pas qu’on touche au dessert, au chocolat et aux sucreries, qu’après notre retour de la messe du Dimanche de Pâques. Je me rappelle que nous préparions une munition d’œufs en chocolat et des galettes de lait (Kaak b halib), une spécialité de ma mère, et que nous gardions en notre possession, parce que nous n’avions pas le droit d’y toucher.

Des fois, nous agissons à l’extrême, en pensant à suivre un Carême sévère. Mais pour une raison ou une autre, il arrive de quoi : nous échouons et nous nous arrêtons. Nous pouvons en tout temps continuer là où on s’est arrêté.e. Chaque effort est nécessaire, et nous guide vers la joie de la Résurrection. La persévérance et la réconciliation avec le Seigneur font de nous des ressuscités, des renouvelés, qui sont passés des ténèbres de nos vies à la lumière de la Résurrection de notre Seigneur.

Pendant le Carême, nous nous concentrons sur la prière, le jeûne et l’aumône afin de raviver la charité et pour nous rapprocher de notre Seigneur crucifié et ressuscité après quarante jours, et pour s’ouvrir plus aux autres. L’Église quant à elle, ne manque pas de nous proposer de nombreuses pratiques et des outils utiles pour notre marche vers Pâques pour nous aider à grandir et rendre cette période plus fructueuse sur le plan spirituel. Pour vivre un Carême riche de sens, je voulais que mon chemin de conversion passe par plus de bénévolat auprès de l’autre moins chanceux et pour que je puisse apporter une lumière dans le monde qui l’entoure.

Un pot de bonté : une pratique simple du Carême pour se préparer à Pâques

Crédit photo par Sonja Rachbauer sur iStock.

Le Carême nous invite à un temps de réflexion, de conversion, de prière et de réengagement. Pendant quarante jours, les chrétiens se préparent à Pâques par le jeûne, l’aumône et un approfondissement de leur relation avec Dieu. Souvent, nous commençons le Carême avec de bonnes intentions : renoncer au sucre, passer plus de temps en prière, participer davantage aux célébrations liturgiques. Ces engagements sont précieux. Mais parfois, ce sont les gestes les plus simples qui transforment réellement notre cœur.

Citons ici, la pratique toute simple du pot de bonté.

L’idée est très facile à mettre en place. Prenez un bocal ou n’importe quel pot que vous avez. Remplissez-le de petits papiers sur lesquels vous écrivez des gestes simples de bonté. Chaque jour du Carême, vous en choisissez un et vous posez, directement, le geste tiré pour quelqu’un. Sans l’annoncer. Sans le publier. Sans chercher à être remarqué.e. Juste un acte d’amour offert en silence.

Ce qui ressemble à un simple bricolage peut devenir une véritable discipline spirituelle !

 

La bonté est au cœur du Carême, pourquoi dit-on ? 

Le Carême ne consiste pas seulement à se priver ; il s’agit surtout de devenir meilleur. Lorsque Jésus nous appelle à la conversion, Il nous invite à une transformation intérieure. Le prophète Ézéchiel parle d’un cœur de pierre remplacé par un cœur de chair (Ézéchiel 36, 26). La bonté adoucit notre cœur. Elle nous apprend à voir les autres. Elle déplace notre regard de nous-mêmes vers ceux et celles qui nous entourent.

Le jeûne nous enseigne la maîtrise de soi. La prière nous rapproche de Dieu. La bonté, quant à elle, rend l’amour concret.

Le bocal ou le pot de bonté permet de vivre l’aumône au quotidien. Il nous rappelle que la générosité ne se limite pas à l’argent. Elle peut être relationnelle, émotionnelle, pratique. Un mot encourageant, un geste attentionné, un moment d’écoute. 

Le Carême nous prépare à la Résurrection. La bonté sème déjà des graines de résurrection dans notre quotidien.

 

La beauté des gestes cachés

Un élément essentiel de cette activité est le silence. L’acte de bonté est posé discrètement. Cela rejoint l’enseignement de Jésus :

« Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite. » (Matthieu 6, 3)

Nous vivons dans une culture où les bonnes actions sont souvent mises en lumière. Or, le Carême nous invite à la discrétion. La bonté cachée purifie notre intention. Elle nous aide à agir par amour et non pour la reconnaissance.

Quand personne ne sait ce que vous avez fait, le geste devient une prière. Il devient un dialogue silencieux entre vous et Dieu. Ainsi, le pot de bonté devient un exercice d’humilité.

 

Comment créer un pot de bonté ?

La préparation de cette activité peut déjà être un beau moment en famille ou en communauté. On peut décorer le bocal ou le pot, écrire les papiers ensemble, réfléchir aux gestes possibles.

Voici les étapes à suivre :

  1. Choisir un pot, un bocal ou même une boîte.
  2. Découper de petits papiers.
  3. Réfléchir à des gestes simples et réalisables.
  4. Écrire un geste par papier.
  5. Les plier et les déposer dans le bocal.
  6. Chaque jour, en tirer un et le mettre en pratique discrètement.

La simplicité est la clé. Les gestes doivent être concrets et accessibles.

 

Exemples de gestes de bonté

Voici quelques idées pour remplir votre bocal :

  • Écrire un mot d’encouragement à une personne qui en a besoin.
  • Prier pour une personne avec qui la relation est difficile.
  • Accomplir une tâche ménagère sans qu’on le demande.
  • Envoyer un message pour soutenir un ami en souffrance.
  • Laisser quelqu’un passer devant soi dans un transport ou dans un environnement en commun.
  • Donner des vêtements.
  • Appeler un membre de la famille.
  • Offrir un petit cadeau tout en restant anonyme.
  • Remercier un enseignant, un.e collègue ou un.e bénévole.
  • Préparer un repas pour une personne que vous connaissez.
  • Écouter sans interruption ou distraction.
  • Pardonner sincèrement.
  • Se priver une journée complète des réseaux sociaux.
  • Lire dans la bible.
  • Parler positivement de quelqu’un en son absence.
  • Sourire intentionnellement aux personnes croisées dans la journée.

Bref, vous pouvez faire des papiers pour tout le Carême. Et les gestes à utiliser peuvent être infinis et ne demandent pas de grands moyens. Ils demandent plutôt un cœur disponible.

 

 

Ce que la bonté change en nous

Au fil des jours, quelque chose change. Vous commencez davantage à en être conscient.e. Qui semble fatigué.e ? Qui aurait besoin d’encouragement ? Qui est souvent oublié.e ?

La bonté transforme aussi celui qui donne. Elle apporte paix intérieure, joie et sens. Mais plus encore, elle nous rend plus semblables au Christ.

Jésus a multiplié les gestes simples : toucher les malades, consoler les affligé.es, nourrir les foules, accueillir les exclus.es. Le bocal de bonté nous entraîne à imiter ces gestes dans notre réalité quotidienne. Peu à peu, la bonté devient naturelle.

 

En famille pendant le Carême

Pour les familles, cette activité peut être particulièrement riche. Les enfants apprennent en pratiquant. Les parents peuvent accompagner les plus jeunes dans la réalisation des gestes. Les plus grands peuvent tirer eux-mêmes leur papier.

Lors du souper, par exemple, on peut partager non seulement le geste précis, mais ce que l’on a ressenti en servant. Cela développe l’empathie, la gratitude et l’unité familiale.

 

La bonté et la Croix

Le Carême nous conduit vers la Croix, le plus grand acte d’amour de l’histoire. Chaque petit geste de bonté reflète cet amour donné à l’autre.

Certaines journées, le geste sera facile. D’autres fois, il demandera un effort : pardonner, servir quand on est fatigué.e, et faire preuve de patience.

La bonté n’est pas toujours confortable. Mais elle est profondément chrétienne. Elle nous unit au Christ dans le don de soi.

 

Du Carême à un style de vie

Et si le bocal ne disparaissait pas à Pâques ?

Quarante jours de bonté peuvent transformer durablement nos habitudes. Peut-être qu’à la fin du Carême, vous n’aurez plus besoin de tirer un papier. Vous aurez appris à voir les occasions d’aimer spontanément. C’est cela, la véritable conversion.

La Résurrection proclame que l’amour est plus fort que tout. Chaque geste de bonté en est un témoignage.

 

Un petit bocal, un grand impact

Dans un monde souvent marqué par la division et la rapidité, la bonté est un signe puissant. Elle désarme les tensions. Elle construit des ponts. Elle reflète le cœur de Dieu.

Un simple bocal posé sur un comptoir peut sembler insignifiant. Pourtant, jour après jour, il peut transformer l’atmosphère d’une maison, d’une classe, d’une paroisse ou d’un milieu de travail.

Le Carême ne demande pas des gestes extraordinaires. Il demande des gestes fidèles.

Un papier tiré. Un acte posé. Un cœur changé.

Parfois, les pratiques les plus simples portent les grâces les plus profondes. 

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 17 décembre 2025

Philippe de Champaigne, « Saint Augustin ». Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur le mystère pascal, dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025. Il a réfléchi sur la manière dont la résurrection du Christ offre une espérance à nos cœurs agités, en déclarant : « Lorsque nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit que oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

La vie humaine est caractérisée par un mouvement constant qui nous pousse à faire, à agir. Aujourd’hui, la rapidité est requise partout pour l’obtention de résultats optimaux dans les domaines les plus divers. De quelle manière la résurrection de Jésus éclaire-t-elle cet aspect de notre expérience ? Quand nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit : oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie. Alors, devons-nous simplement attendre, ou cela peut-il nous transformer dès maintenant ?

Nous sommes absorbés par tant d’activités qui ne nous apportent pas toujours satisfaction. Nombre de nos actions concernent des choses pratiques et concrètes. Nous devons assumer de nombreux engagements, résoudre des problèmes, affronter des difficultés. Jésus, lui aussi, s’est impliqué auprès des autres et dans la vie, sans s’épargner, se donnant jusqu’au bout. Pourtant, nous percevons souvent que trop en faire, loin de nous épanouir, devient un tourbillon étourdissant qui nous prive de sérénité et nous empêche de vivre pleinement ce qui compte vraiment dans nos vies. Nous nous sentons alors fatigués, insatisfaits : le temps semble se disperser en mille choses pratiques qui, pourtant, ne percent pas le sens ultime de notre existence. Parfois, au terme de journées chargées, nous ressentons un vide. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des machines, nous avons un cœur – ou plutôt, pouvons-nous dire, nous sommes un cœur.

Le cœur est le symbole de notre humanité tout entière , une synthèse de pensées, de sentiments et de désirs, le centre invisible de notre personne. L’évangéliste Matthieu nous invite à méditer sur l’importance du cœur, en citant cette belle phrase de Jésus : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » ( Mt 6,21).

C’est donc dans le cœur que l’on conserve le véritable trésor, non dans les coffres-forts de la terre, ni dans de grands investissements financiers qui n’ont jamais été autant affolés qu’aujourd’hui, et sont injustement concentrés, idolâtrés au prix sanglant de millions de vies humaines et de la dévastation de la création de Dieu.

Il est important de réfléchir à ces aspects, car dans les nombreux engagements auxquels nous sommes constamment confrontés, le risque de dispersion, parfois de désespoir, de perte de sens, affleure de plus en plus, même chez des personnes ayant apparemment réussi. Au contraire, lire la vie à la lumière de Pâques, la regarder avec le Christ ressuscité, c’est accéder à l’essence de la personne humaine, à notre cœur : cœur « Inquietum ». Par cet adjectif, « inquiet », saint Augustin nous aide à comprendre l’élan de l’être humain vers son plein accomplissement. La phrase intégrale renvoie au début des Confessions, où Augustin écrit : « Seigneur, tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » (I, 1, 1).

L’inquiétude est le signe que notre cœur ne se meut pas au hasard, sans but ni raison, mais qu’il est orienté vers sa destination ultime, du « retour à la maison ». Et le véritable amarrage du cœur ne consiste pas à posséder des biens matériels, mais à atteindre ce qui peut le combler pleinement ; c’est-à-dire l’amour de Dieu, ou mieux encore, Dieu Amour. Ce trésor, cependant, ne se trouve qu’en aimant le prochain que nous rencontrons sur notre chemin : nos frères et sœurs en chair et en os, dont la présence interpelle et questionne notre cœur, l’invitant à s’ouvrir et à se donner. Notre prochain nous demande de ralentir, de le regarder dans les yeux, parfois de revoir nos plans, voire de changer de direction.

Très chers, voici le secret du mouvement du cœur humain : retourner à la source de son être, goûter à la joie intarissable, qui ne manque jamais. Nul ne peut vivre sans un sens qui aille outre le contingent, outre ce qui passe. Le cœur humain ne peut vivre sans espérer, sans savoir d’être fait pour la plénitude, non pour le manque.

Jésus-Christ, par son Incarnation, sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, a posé un fondement solide à cette espérance. Le cœur inquiet ne sera pas déçu s’il s’engage dans la dynamique d’amour pour laquelle il a été créé. L’amarrage est certain, la vie a triomphé et en Christ, elle continuera de triompher dans toutes les morts du quotidien. Telle est l’espérance chrétienne : bénissons et remercions sans cesse le Seigneur qui nous l’a donnée !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Consultez tous nos articles et la couverture du pape Léon XIV sur notre page :  slmedia.org/fr/pape-leon-xiv

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 26 novembre 2025

Photo de Vidal Balielo Jr. sur Pexels.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur le mystère pascal, dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025. Il a réfléchi sur la manière dont l’espérance de la résurrection peut inspirer les couples à engendrer une nouvelle vie, affirmant que « le courage de vivre et d’engendrer la vie, de témoigner que Dieu est l’« amoureux de la vie » par excellence, comme l’affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd’hui plus urgent que jamais ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

La Pâque du Christ éclaire le mystère de la vie et nous permet de le regarder avec espérance. Cela n’est pas toujours facile ni évident. Partout dans le monde, beaucoup de vies semblent difficiles, douloureuses, pleines de problèmes et d’obstacles à surmonter. Et pourtant, l’être humain reçoit la vie comme un don : il ne la demande pas, il ne la choisit pas, il en fait l’expérience dans son mystère, du premier jour jusqu’au dernier. La vie a une spécificité extraordinaire : elle nous est offerte, nous ne pouvons pas nous la donner nous-mêmes, mais elle doit être nourrie constamment : il faut un soin qui la maintienne, la dynamise, la préserve, la relance.

On peut dire que la question de la vie est l’une des questions abyssales du cœur humain. Nous sommes entrés dans l’existence sans avoir rien fait pour le décider. De cette évidence jaillissent comme un fleuve en crue les questions de tous les temps : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens ultime de tout ce voyage ?

Vivre, en effet, implique un sens, une direction, une espérance. Et l’espérance agit comme une force profonde qui nous fait avancer dans les difficultés, qui nous empêche d’abandonner dans la fatigue du voyage, qui nous rend certains que le pèlerinage de l’existence nous conduit à la maison. Sans l’espérance, la vie risque d’apparaître comme une parenthèse entre deux nuits éternelles, une brève pause entre l’avant et l’après de notre passage sur terre. Espérer dans la vie, c’est plutôt anticiper le but, croire comme certain ce que nous ne voyons ni ne touchons encore, faire confiance et nous en remettre à l’amour d’un Père qui nous a créés parce qu’il nous a voulus avec amour et qu’il nous veut heureux.

Très chers amis, il existe dans le monde une maladie répandue : le manque de confiance dans la vie. Comme si l’on s’était résigné à une fatalité négative, à un renoncement. La vie risque de ne plus représenter une opportunité reçue en don, mais une inconnue, presque une menace dont il faut se préserver pour ne pas être déçu. C’est pourquoi le courage de vivre et de générer la vie, de témoigner que Dieu est par excellence « l’amant de la vie », comme l’affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd’hui un appel plus que jamais urgent.

Dans l’Évangile, Jésus confirme constamment sa diligence à guérir les malades, à soigner les corps et les esprits blessés, à redonner vie aux morts. Ce faisant, le Fils incarné révèle le Père : il restitue leur dignité aux pécheurs, accorde la rémission des péchés et inclut tout le monde, spécialement les désespérés, les exclus, les éloignés, dans sa promesse de salut.

Engendré par le Père, Christ est la vie et il a engendré la vie sans compter jusqu’à nous donner la sienne, et il nous invite également à donner notre vie. Engendrer signifie donner la vie à quelqu’un d’autre. L’univers des vivants s’est étendu grâce à cette loi qui, dans la symphonie des créatures, connaît un admirable “crescendo” culminant dans le duo de l’homme et de la femme : Dieu les a créés à son image et leur a confié la mission de donner la vie à son image, c’est-à-dire par amour et dans l’amour.

Dès le début, l’Écriture Sainte nous révèle que la vie, dans sa forme la plus élevée, celle de l’être humain, reçoit le don de la liberté et devient un drame. Ainsi, les relations humaines sont également marquées par la contradiction, jusqu’au fratricide. Caïn perçoit son frère Abel comme un concurrent, une menace, et dans sa frustration, il ne se sent pas capable de l’aimer et de l’estimer. Et voilà la jalousie, l’envie, le sang (Gn 4, 1-16). La logique de Dieu, en revanche, est tout autre. Dieu reste fidèle pour toujours à son dessein d’amour et de vie ; il ne se lasse pas de soutenir l’humanité même lorsque, à l’instar de Caïn, elle obéit à l’instinct aveugle de la violence dans les guerres, les discriminations, les racismes, les multiples formes d’esclavage.

Donner la vie signifie donc faire confiance au Dieu de la vie et promouvoir l’humain dans toutes ses expressions : tout d’abord dans la merveilleuse aventure de la maternité et de la paternité, même dans des contextes sociaux où les familles ont du mal à supporter le poids du quotidien, souvent freinées dans leurs projets et leurs rêves. Dans cette même logique, donner la vie signifie s’engager pour une économie solidaire, rechercher le bien commun dont tous puissent profiter équitablement, respecter et prendre soin de la création, offrir du réconfort par l’écoute, la présence, l’aide concrète et désintéressée.

Frères et sœurs, la Résurrection de Jésus-Christ est la force qui nous soutient dans cette épreuve, même lorsque les ténèbres du mal obscurcissent notre cœur et notre esprit. Lorsque la vie semble s’être éteinte, bloquée, voici que le Seigneur Ressuscité passe encore, jusqu’à la fin des temps, et marche avec nous et pour nous. Il est notre espérance.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 22 octobre 2025

Peinture de Jésus avec un halo jaune, assis à une table, deux hommes debout à sa gauche et un autre assis à sa droite.

Rembrandt, « La Cène à Emmaüs ». Wikimedia Commons.

En ce temps du Jubilé 2025, le Saint-Père nous invite à contempler l’apparition de Jésus aux disciples d’Emmaüs, et « la manière dont la résurrection du Christ peut guérir l’une des maladies de notre temps : la tristesse » . Il a dit que « Le geste du pain rompu rouvre les yeux du cœur, illumine à nouveau la vue obscurcie par le désespoir…. Aussitôt, la joie se ravive, l’énergie circule à nouveau dans les membres fatigués, la mémoire devient gratitude. Et tous deux se hâtent de retourner à Jérusalem, pour tout raconter aux autres » .

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour ! Et bienvenu à tous !

La résurrection de Jésus-Christ est un événement que l’on ne cesse jamais de contempler et de méditer, et plus on l’approfondit, plus on s’émerveille, plus on est attiré, comme par une lumière insoutenable mais fascinante. C’est une explosion de vie et de joie qui a changé le sens de toute la réalité, du négatif au positif ; cependant, elle ne s’est pas produite de manière retentissante, encore moins violente, mais douce, cachée, on pourrait dire humble.

Aujourd’hui, nous réfléchirons à la manière dont la résurrection du Christ peut guérir l’une des maladies de notre temps : la tristesse. Envahissante et répandue, la tristesse accompagne les journées de tant de personnes. C’est un sentiment de précarité, parfois de profond désespoir, qui envahit l’espace intérieur et semble l’emporter sur tout élan de joie.

La tristesse enlève sens et vigueur à la vie, qui devient comme un voyage sans direction ni signification. Cette expérience très actuelle nous renvoie à la célèbre histoire des deux disciples d’Emmaüs dans l’Évangile de Luc (24, 13-29). Déçus et découragés, ils quittent Jérusalem, laissant derrière eux les espoirs placés en Jésus, crucifié et enseveli. Dans les premières lignes, cet épisode montre un paradigme de la tristesse humaine : la fin de l’objectif sur lequel on a investi tant d’énergie, la destruction de ce qui semblait être l’essentiel de la vie. L’espoir s’est évanoui, la désolation s’est emparée du cœur. Tout a implosé en très peu de temps, entre le vendredi et le samedi, dans une dramatique succession d’événements.

Le paradoxe est vraiment emblématique : ce triste parcours de défaite et de retour à l’ordinaire se déroule le même jour que la victoire de la lumière, de la Pâque pleinement consommée. Les deux hommes tournent le dos au Golgotha, à la terrible scène de la croix encore gravée dans leurs yeux et dans leurs cœurs. Tout semble perdu. Il faut retourner à sa vie d’avant, en faisant profil bas, en espérant ne pas être reconnu.

À un moment donné, un voyageur rejoint les deux disciples, peut-être l’un des nombreux pèlerins qui se sont rendus à Jérusalem pour Pâques. C’est Jésus ressuscité, mais ils ne le reconnaissent pas. La tristesse voile leur regard, annihile la promesse que le Maître a faite à plusieurs reprises : qu’il serait tué et que le troisième jour il ressusciterait. L’inconnu s’approche et s’intéresse à ce qu’ils disent. Le texte dit que les deux « s’arrêtèrent, le visage triste » (Lc 24,17). L’adjectif grec utilisé décrit une tristesse intégrale : sur leurs visages transparaît la paralysie de l’âme.

Jésus les écoute, les laisse exprimer leur déception. Puis, avec une grande franchise, il leur reproche d’être « sans intelligence et lents de cœur à croire à tout ce qu’ont dit les prophètes » (v. 25) et, à travers les Écritures, il montre que le Christ devait souffrir, mourir et ressusciter. Dans le cœur des deux disciples, la chaleur de l’espérance se rallume et, alors que le soir tombe et qu’ils arrivent à destination, ils invitent leur mystérieux compagnon à rester avec eux.

Jésus accepte et se met à table avec eux. Il prend le pain, le rompt et l’offre. À ce moment-là, les deux disciples le reconnaissent… mais il disparaît immédiatement de leur vue (v. 30-31). Le geste du pain rompu rouvre les yeux du cœur, illumine à nouveau la vue obscurcie par le désespoir. Et alors tout devient clair : le chemin partagé, la parole tendre et forte, la lumière de la vérité… Aussitôt, la joie se ravive, l’énergie circule à nouveau dans les membres fatigués, la mémoire devient gratitude. Et tous deux se hâtent de retourner à Jérusalem, pour tout raconter aux autres.

“Le Seigneur est vraiment ressuscité” (cf. v. 34). Dans cet adverbe, vraiment, s’accomplit sûrement notre histoire d’êtres humains. Ce n’est pas un hasard si c’est la salutation que les chrétiens échangent le jour de Pâques. Jésus n’est pas ressuscité avec des paroles, mais avec des faits, avec son corps qui conserve les marques de la passion, le sceau éternel de son amour pour nous. La victoire de la vie n’est pas un vain mot, mais un fait réel et concret.

Que la joie inattendue des disciples d’Emmaüs soit pour nous un doux rappel dans les moments difficiles. C’est le Ressuscité qui change radicalement la perspective, répandant l’espérance qui remplit le vide de la tristesse. Sur les sentiers du cœur, le Ressuscité marche avec nous et pour nous. Il témoigne de la défaite de la mort, il affirme la victoire de la vie, malgré les ténèbres du Calvaire. L’histoire a encore beaucoup à espérer en bien.

Reconnaître la Résurrection signifie changer notre regard sur le monde : revenir à la lumière pour reconnaître la Vérité qui nous a sauvés et qui nous sauve. Sœurs et frères, restons vigilants chaque jour dans l’émerveillement de la Pâque de Jésus ressuscité. Lui seul rend possible l’impossible !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Vénération de la Sainte Couronne d’épines en ce Carême

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À Paris, les édifices religieux font partie des lieux touristiques que les visiteurs considèrent durant leur séjour. Mais quand on est un fidèle de la religion catholique, la visite devient un pèlerinage essentiel que tout catholique doit accomplir lors de son passage dans cette ville.

Des dizaines de millions de pèlerins visitent les églises de Paris chaque année et assistent aux offices. Comme tous ces touristes, j’ai planifié mon pèlerinage tout d’abord à la cathédrale du Sacré Cœur de Jésus de Montmartre pour le Mercredi des Cendres, ainsi j’ai assisté à la messe. Par la suite, le vendredi je me suis rendue à la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour la vénération de la Sainte Croix et la procession du premier vendredi du Carême. 

Je me sens profondément privilégiée et bénie d’avoir eu l’opportunité de réaliser ce pèlerinage surtout la visite de la cathédrale Notre-Dame de Paris lors de la vénération de la Sainte Couronne d’épines. Après une longue attente aux côtés des milliers de fidèles, j’ai enfin pu rentrer dans ce lieu emblématique, récemment ouvert après des années de restauration suite à l’incendie dévastateur de 2019.

Le 15 avril 2019, un incendie majeur a ravagé Notre-Dame, détruisant la flèche et une grande partie de la toiture. Grâce aux efforts héroïques des pompiers et à une mobilisation internationale, de nombreux trésors dont la Sainte Couronne d’épines ont été sauvés. Après cinq ans de travaux minutieux, la cathédrale a rouvert ses portes le 7 décembre 2024, symbolisant la résilience et la foi. Sel + Lumière Média a diffusé en direct les cérémonies de réouverture, permettant ainsi à ceux qui ne pouvaient être présents de partager ce moment historique.

La Sainte Couronne d’épines, vénérée par les chrétiens comme ayant été portée par Jésus-Christ lors de sa Passion, est une des plusieurs reliques précieuses de la cathédrale dont un clou qui sera l’un des clous de la crucifiction de Jésus. Après avoir été préservée pendant les travaux, la Sainte Couronne d’épines a été introduite de nouveau à Notre-Dame pour la vénération publique. Depuis le 10 janvier 2025, la Couronne est exposée chaque vendredi jusqu’au 18 avril (durant le Carême 2025). De plus, les autres moments forts sont : le Vendredi saint et le premier vendredi de chaque mois. 

Pour avoir plus d’informations sur la vénération de la Sainte Croix, consultez le site de Notre-Dame de Paris.

Face à l’afflux massif de réservations en ligne, il m’a été difficile de réserver un créneau pour la visite. Cependant, en me rendant directement sur place et en patientant dans la file auprès de milliers de personnes, j’ai pu accéder à la cathédrale. Dans ce lieu chargé d’histoire et de spiritualité, ce moment de recueillement devant la Sainte Couronne restera gravé dans ma mémoire.

Ma visite à Notre-Dame lors de la vénération de la Sainte Couronne d’épines a été une expérience profondément émouvante, non pas seulement pour moi, mais aussi pour toutes les personnes présentes ayant les larmes aux yeux, à la fin de la vénération. Comme ce pèlerinage vient renforcer ma foi et mon attachement à Notre Seigneur Jésus-Christ, je le souhaite de tout cœur à toute personne de passage à Paris durant ce Carême, et d’en profiter pleinement. 

Pour réserver votre visite, voir l’horaire et les mises à jour ; visitez le site de Notre-Dame de Paris.

Un temps d’arrêt pour se rapprocher de Dieu !

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Mercredi matin à 9h, j’ai couru à l’église pour la messe du Mercredi des Cendres. C’est la première fois que je m’empresse un matin, pluvieux ; car je suis réellement motivée à recevoir l’imposition des Cendres! Ce n’était vraiment pas dans mes habitudes. Mais, que s’est-il passé avec moi ?! 

En fait, avec les années, j’ai finalement compris que le Carême est une période pour se rapprocher de Dieu.  Et lorsqu’on se sent près de Dieu, tout notre être va mieux !  Personnellement, lorsque je jeûne, ici je ne parle pas de l’absence totale de nourriture ; mais plutôt de manger intentionnellement (on reviendra sur ce point), je me sens non seulement mieux physiquement mais aussi mentalement, psychologiquement et spirituellement. Les périodes où je me suis sentie le mieux dans tout mon être, sont les périodes durant lesquelles j’ai jeûné. Je vous encourage fortement à l’essayer !

Jeûner ça peut être différent pour chaque personne, on n’a pas besoin de faire la même chose que l’autre pour en vivre les bénéfices.  À moins que vous préfériez des instructions très précises pour vous aider à jeûner, ça s’est aussi possible, mais ce n’est pas obligatoire aux yeux de Dieu. Ce qui est important dans le jeûne c’est la notion de sacrifice, mais ne vous arrêtez pas à ce mot. Ici le sacrifice est en fait à votre bénéfice ! Il l’est tout autant pour votre entourage, votre famille, vos ami.es, etc.

Pendant le jeûne on met de côté la notion de manger pour le plaisir de manger. On mange surtout pour maintenir son corps en bonne santé, avoir de l’énergie, pouvoir faire nos activités. On mange afin que notre corps puisse nous servir et par le fait même servir Dieu. Comme a dit saint Ignace de Loyola, un saint qui promouvait la tempérance et l’ordre dans l’appétit : « Vaut mieux éviter les repas délicieux ou les manger qu’en toute petite quantité, et manger surtout des repas normaux, communs (donc pas trop délicieux). » Ainsi, il sera plus facile de contrôler son appétit et de manger seulement ce dont notre corps à réellement besoin. 

Vous savez ce que vous adorez, ce que vous aimez beaucoup manger, vous connaissez vos faiblesses, ce dont vous ne pouvez pas vous passer. C’est là où il faut trancher ou minimiser.  

Par exemple, je reviens à ce qui s’est passé ce matin, je ne savais pas trop quoi manger pour cette entrée en Carême. Normalement j’adore les toasts avec du beurre d’amande et des morceaux de banane par-dessus. J’aurais pu manger cela mais comme j’adore ça, ce n’est pas un sacrifice. Alors j’ai choisi de me faire un smoothie avec des bananes, du yaourt, du beurre d’amande, des fruits et des graines de toutes sortes. Oui, il y a des ingrédients que j’aime à mon mélange, mais pour moi ce n’est pas aussi délicieux que sur des rôties ! Donc pour moi c’est un sacrifice.

Il faut aller à son rythme et avec le temps, on s’habitue et ça va de mieux en mieux. Le 1er jour est souvent le plus difficile. Il faut aussi prier.  La prière va nous aider dans tout, et surtout avec le jeûne. 

Nous sommes encouragé.es à pratiquer trois actes pendant le Carême : la prière, le jeûne et le service. Le service et/ou la charité, ça peut vouloir dire donner de son temps, appeler un membre de la famille pour prendre des nouvelles, prendre part à une activité en tant que bénévole, etc. On prie et on demande à Dieu de nous guider dans nos actes de service. Nous ne sommes pas nécessairement appelés à tout faire et à accepter tout ce qui se présente à nous. C’est pourquoi la prière et le jeûne sont aussi nécessaires. Ils nous aident à discerner et à obéir en cas de besoin.

Mercredi matin à l’église où j’étais, c’était plein à craquer ! Il n’y avait plus de places dans le stationnement, j’ai dû stationner mon auto à l’épicerie d’à côté. Cela en dit beaucoup. C’est comme s’il y avait une soif, une soif pour plus, plus de quoi au juste ? Soif de Dieu, assurément, plus de foi, probablement ! Mais sûrement aussi plus d’espérance. Moi j’étais là car je veux marcher avec Dieu au quotidien, je veux mieux le discerner quand il me guide. Car c’est une chose de prier, mais écouter, en est une autre !

Le but des sacrifices c’est pour faire de la place à Dieu dans notre vie. Et selon moi, faire de la place à Dieu, c’est tout à notre bénéfice.

 

Message du pape François pour le Carême 2025

Photo Cathopic

Le 6 février dernier, le pape François nous a envoyé le message pour le Carême 2025 sous le thème de « Marchons ensemble dans l’espérance ». Il nous invite à  s’enrichir par la grâce de l’année jubilaire, et des réflexions sur ce que signifie marcher ensemble dans l’espérance.

 

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LE CARÊME 2025

Chers frères et sœurs,

Avec le signe pénitentiel des cendres sur la tête, nous commençons le pèlerinage annuel du Saint Carême dans la foi et dans l’espérance. L’Église, mère et maîtresse, nous invite à préparer nos cœurs et à nous ouvrir à la grâce de Dieu pour que nous puissions célébrer dans la joie le triomphe pascal du Christ-Seigneur, sur le péché et sur la mort. Saint Paul le proclame : « La mort a été engloutie dans la victoire. Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » ( 1 Co 15, 54-55). En effet, Jésus-Christ, mort et ressuscité, est le centre de notre foi et le garant de la grande promesse du Père qu’est la vie éternelle déjà réalisée en son Fils bien-aimé (cf. Jn 10, 28 ; 17, 3). [1]

Je voudrais proposer à l’occasion de ce Carême, enrichi par la grâce de l’année jubilaire, quelques réflexions sur ce que signifie marcher ensemble dans l’espérance, et découvrir les appels à la conversion que la miséricorde de Dieu adresse à tous, en tant qu’individus comme en tant que communautés.

Tout d’abord, marcher. La devise du Jubilé, “pèlerins de l’espérance”, nous rappelle le long voyage du peuple d’Israël vers la Terre promise, raconté dans le livre de l’Exode : une marche difficile de l’esclavage à la liberté, voulue et guidée par le Seigneur qui aime son peuple et lui est toujours fidèle. Et nous ne pouvons pas évoquer l’exode biblique sans penser à tant de frères et sœurs qui, aujourd’hui, fuient des situations de misère et de violence, partant à la recherche d’une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs êtres chers. Un premier appel à la conversion apparaît ici car, dans la vie, nous sommes tous des pèlerins. Chacun peut se demander : comment est-ce que je me laisse interpeller par cette condition ? Suis-je vraiment en chemin ou plutôt paralysé, statique, dans la peur et manquant d’espérance, ou bien encore installé dans ma zone de confort ? Est-ce que je cherche des chemins de libération des situations de péché et de manque de dignité ? Ce serait un bon exercice de Carême que de nous confronter à la réalité concrète d’un migrant ou d’un pèlerin, et de nous laisser toucher de manière à découvrir ce que Dieu nous demande pour être de meilleurs voyageurs vers la maison du Père. Ce serait un bon “test” pour le marcheur.

En second lieu, faisons ce chemin ensemble. Marcher ensemble, être synodal, telle est la vocation de l’Église. [2] Les chrétiens sont appelés à faire route ensemble, jamais comme des voyageurs solitaires. L’Esprit Saint nous pousse à sortir de nous-mêmes pour aller vers Dieu et vers nos frères et sœurs, et à ne jamais nous refermer sur nous-mêmes. [3] Marcher ensemble c’est être des tisseurs d’unité à partir de notre commune dignité d’enfants de Dieu (cf. Ga 3,26-28) ; c’est avancer côte à côte, sans piétiner ni dominer l’autre, sans nourrir d’envies ni d’hypocrisies, sans laisser quiconque à la traîne ou se sentir exclu. Allons dans la même direction, vers le même but, en nous écoutant les uns les autres avec amour et patience.

En ce Carême, Dieu nous demande de vérifier si dans notre vie, dans nos familles, dans les lieux où nous travaillons, dans les communautés paroissiales ou religieuses, nous sommes capables de cheminer avec les autres, d’écouter, de dépasser la tentation de nous ancrer dans notre autoréférentialité et de nous préoccuper seulement de nos propres besoins. Demandons-nous devant le Seigneur si nous sommes capables de travailler ensemble, évêques, prêtres, personnes consacrées et laïcs, au service du Royaume de Dieu ; si nous avons une attitude d’accueil, avec des gestes concrets envers ceux qui nous approchent et ceux qui sont loin ; si nous faisons en sorte que les personnes se sentent faire partie intégrante de la communauté ou si nous les maintenons en marge. [4] Ceci est un deuxième appel : la conversion à la synodalité.

Troisièmement, faisons ce chemin ensemble dans l’espérance d’une promesse. Que l’ espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5), le message central du Jubilé [5], soit pour nous l’horizon du chemin de Carême vers la victoire de Pâques. Comme nous l’a enseigné le Pape Benoît XVI dans l’encyclique Spe salvi : « L’être humain a besoin de l’amour inconditionnel. Il a besoin de la certitude qui lui fait dire : “Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ” ( Rm 8, 38-39) ». [6] Jésus, notre amour et notre espérance, est ressuscité, [7] il vit et règne glorieusement. La mort a été transformée en victoire, et c’est là que réside la foi et la grande espérance des chrétiens : la résurrection du Christ !

Et voici le troisième appel à la conversion : celui de l’espérance, de la confiance en Dieu et en sa grande promesse, la vie éternelle. Nous devons nous demander : ai-je la conviction que Dieu pardonne mes péchés ? Ou bien est-ce que j’agis comme si je pouvais me sauver moi-même ? Est-ce que j’aspire au salut et est-ce que j’invoque l’aide de Dieu pour l’obtenir ? Est-ce que je vis concrètement l’espérance qui m’aide à lire les événements de l’histoire et qui me pousse à m’engager pour la justice, la fraternité, le soin de la maison commune, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte ?

Sœurs et frères, grâce à l’amour de Dieu en Jésus-Christ, nous sommes gardés dans l’espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). L’espérance est “l’ancre de l’âme”, sûre et indéfectible. [8] C’est en elle que l’Église prie pour que « tous les hommes soient sauvés » ( 1Tm 2,4) et qu’elle attend d’être dans la gloire du ciel, unie au Christ, son époux. C’est ainsi que s’exprime sainte Thérèse de Jésus : « Espère, ô mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout passe avec rapidité quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain, et long un temps très court » ( Exclamations de l’âme à son Dieu, 15, 3). [9]

Que la Vierge Marie, Mère de l’Espérance, intercède pour nous et nous accompagne sur le chemin du Carême.

Rome, Saint-Jean-de-Latran, 6 février 2025, mémoire de Saint Paul Miki et ses compagnons, martyrs.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Pour consulter le répertoire complet des audiences générales du pape François, visitez notre blogue.

 

Message Urbi et Orbi du pape François – Pâques 2024

Après la messe du dimanche 31 mars 2024, le pape François a prononcé son habituel message Urbi et Orbi (“à la ville et au monde”) pour Pâques depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre.

Participez à notre célébration du Seigneur ressuscité avec des vidéos, des réflexions et bien plus encore, à l’adresse suivante : https://slmedia.org/fr/paques

Lisez le texte intégral du message ci-dessous. 

Message Urbi et Orbi de Sa Sainteté le Pape François
Pâques 2024
31 mars 2024

Chers frères et sœurs, Bonnes Pâques !

Aujourd’hui, dans le monde entier, résonne l’annonce partie de Jérusalem il y a deux mille ans : « Jésus de Nazareth, le crucifié, il est ressuscité ! » (Mc 16, 6)

L’Église revit l’étonnement des femmes qui se sont rendues au tombeau à l’aube du premier jour de la semaine. Le tombeau de Jésus avait été fermé par une grosse pierre. Aujourd’hui encore, de lourdes, trop lourdes pierres ferment les espérances de l’humanité : la pierre de la guerre, la pierre des crises humanitaires, la pierre des violations des droits de l’homme, la pierre de la traite des êtres humains, et d’autres encore. Nous aussi, comme les femmes disciples de Jésus, nous nous demandons les uns aux autres : Qui roulera ces pierres ? (cf. Mc 16, 3)

Et voilà la découverte du matin de Pâques : la pierre, cette si grande pierre, a déjà été roulée. L’étonnement des femmes est aussi le nôtre : le tombeau de Jésus est ouvert et il est vide ! C’est là que tout commence. C’est par ce tombeau vide que passe une voie nouvelle, la voie que personne d’autre que Dieu ne pouvait ouvrir : la voie de la vie au milieu de la mort, la voie de la paix au milieu de la guerre, la voie de la réconciliation au milieu de la haine, la voie de la fraternité au milieu de l’inimitié.

Frères et sœurs, Jésus Christ est ressuscité et Lui seul est capable de rouler les pierres qui ferment le chemin vers la vie. Lui-même, le Vivant, est le Voie : la Voie de la vie, de la paix, de la réconciliation, de la fraternité. Il nous ouvre le passage humainement impossible, car Lui seul enlève le péché du monde et pardonne nos péchés. Et sans le pardon de Dieu, cette pierre ne peut être enlevée. Sans le pardon des péchés, on ne sort pas des fermetures, des préjugés, des suspicions mutuelles, des présupposés qui toujours absolvent soi-même et accusent les autres. Seul le Christ ressuscité, en nous donnant le pardon des péchés, ouvre la voie à un monde renouvelé.

Lui seul nous ouvre les portes de la vie, ces portes que nous fermons continuellement avec les guerres qui se répandent dans le monde. Aujourd’hui, nous tournons notre regard tout d’abord vers la ville sainte de Jérusalem, témoin du mystère de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus, et vers toutes les communautés chrétiennes de Terre Sainte.

Ma pensée va d’abord aux victimes des conflits nombreux qui se déroulent dans le monde, à commencer par celui en Israël et en Palestine, et celui en Ukraine. Que le Christ ressuscité ouvre un chemin de paix pour les populations meurtries de ces régions. Tout en appelant au respect des principes du droit international, j’appelle de mes vœux à un échange général de tous les prisonniers entre la Russie et l’Ukraine : tous pour tous !

Par ailleurs, j’appelle une nouvelle fois à ce que l’accès des aides humanitaires à Gaza soit garanti, en exhortant de nouveau à une libération rapide des otages enlevés le 7 octobre, ainsi qu’à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza.

Ne laissons pas les hostilités en cours continuer à toucher gravement la population civile qui est maintenant épuisée, surtout les enfants. Combien de souffrance nous voyons dans les yeux des enfants. Les enfants de ces terres en guerre ont oublié de sourire. Par leurs regards ils nous demandent : pourquoi ? Pourquoi tant de morts ? Pourquoi tant de destructions ? La guerre est toujours une absurdité, la guerre est toujours une défaite ! Ne laissons pas les vents de la guerre souffler toujours plus fort sur l’Europe et sur la Méditerranée. Ne cédons pas à la logique des armes et du réarmement. La paix ne se construit jamais avec des armes, mais en tendant les mains et en ouvrant les cœurs.

Frères et sœurs, n’oublions pas la Syrie qui souffre depuis treize ans des conséquences d’une guerre longue et dévastatrice. Tant de morts, de personnes disparues, tant de pauvreté et de destructions attendent des réponses de la part de chacun, y compris de la Communauté internationale.

Aujourd’hui, mon regard se tourne tout particulièrement vers le Liban qui connaît depuis longtemps un blocage institutionnel et une profonde crise économique et sociale, aujourd’hui aggravée par les hostilités à la frontière avec Israël. Que le Ressuscité réconforte le peuple libanais bien-aimé et soutienne le pays tout entier dans sa vocation à être une terre de rencontre, de coexistence et de pluralisme.

J’adresse une pensée particulière à la région des Balkans occidentaux où des pas importants sont accomplis vers l’intégration dans le projet européen : que les différences ethniques, culturelles et confessionnelles ne soient pas une cause de division, mais deviennent une source de richesse pour l’ensemble de l’Europe et du monde entier.

De même, j’encourage les discussions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan afin que, avec le soutien de la Communauté internationale, ils puissent poursuivre le dialogue, secourir les personnes déplacées, respecter les lieux de culte des différentes confessions religieuses et parvenir le plus rapidement possible à un accord de paix définitif.

Que le Christ ressuscité ouvre un chemin d’espérance pour les personnes qui, dans d’autres parties du monde, souffrent de violences, de conflits, d’insécurité alimentaire, ainsi que des effets du changement climatique. Que le Seigneur réconforte les victimes de toutes les formes de terrorisme. Prions pour tous ceux qui ont perdu la vie et implorons la repentance et la conversion des auteurs de tels crimes.

Que le Ressuscité assiste le peuple haïtien, afin que les violences qui déchirent et ensanglantent le pays cessent au plus vite et que celui-ci puisse progresser sur le chemin de la démocratie et de la fraternité.

Qu’Il réconforte les Rohingyas, touchés par une grave crise humanitaire, et qu’Il ouvre la voie de la réconciliation au Myanmar déchiré par des années de conflits internes, afin que toute logique de violence soit définitivement abandonnée.

Que le Seigneur ouvre des voies de paix sur le continent africain, notamment pour les populations éprouvées au Soudan et dans toute la région du Sahel, dans la Corne de l’Afrique, dans la région du Kivu en République Démocratique du Congo et dans la province du Cap Delgado au Mozambique, et qu’Il mette fin à la situation de sécheresse prolongée qui touche de vastes régions et provoque la pénurie et la famine.

Que le Ressuscité fasse briller sa lumière sur les migrants et sur ceux qui traversent des périodes de difficultés économiques, en leur offrant le réconfort et l’espérance au moment du besoin. Que le Christ guide toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles s’unissent dans la solidarité afin d’affronter ensemble les nombreux défis auxquels sont confrontées les familles les plus pauvres dans leur recherche d’une vie meilleure et du bonheur.

En ce jour où nous célébrons la vie qui nous est donnée dans la résurrection du Fils, rappelons-nous l’amour infini de Dieu pour chacun de nous : un amour qui surmonte toute limite et toute faiblesse. Pourtant, combien le précieux don de la vie est souvent méprisé. Combien d’enfants ne peuvent même pas voir la lumière ? Combien meurent de faim, sont privés des soins essentiels ou sont victimes d’abus et de violences ? Combien de vies sont transformées en marchandises dans le commerce croissant des êtres humains ?

Frères et sœurs, en ce jour où le Christ nous a libérés de l’esclavage de la mort, j’exhorte ceux qui exercent des responsabilités politiques à ne ménager aucun effort pour lutter contre le fléau de la traite des êtres humains, en travaillant sans relâche pour démanteler les réseaux d’exploitation et rendre la liberté à ceux qui en sont les victimes. Que le Seigneur console leurs familles, en particulier celles qui attendent avec anxiété des nouvelles de leurs proches, en leur assurant réconfort et espérance.

Que la lumière de la résurrection illumine nos esprits et convertisse nos cœurs, en nous faisant prendre conscience de la valeur de toute vie humaine qui doit être accueillie, protégée et aimée.

Bonnes Pâques à chacun !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

 

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