Éthique et culture des religions au Palais de Justice

Vendredi dernier, j’ai pour la première fois franchi les portes du Palais de justice de Montréal pour assister aux plaidoiries finales dans la cause opposant le Loyola High School, une école catholique privée de Montréal et le gouvernement du Québec représenté par l’entremise de la Ministre de l’éducation Michèle Courchesne.

Le collège jésuite conteste son obligation d’offrir le nouveau cours d’Éthique et culture des religions et demande que le ministère de l’éducation accepte un cours équivalent très similaire, mais qui présente son contenu selon une perspective catholique.

Le cours d’éthique et de culture des religions provient d’une longue réflexion et beaucoup de ses efforts sont louables. Je n’ai toutefois jamais saisi l’intransigeance du gouvernement dans son application, surtout lorsque l’on parle d’établissements confessionnels.

On leur demande de laisser de côté, l’instant d’un peu plus d’une heure par semaine, l’identité catholique de l’école pour un cours présentant les grandes religions et questions éthiques. Il n’y a jamais eu, à ce que je sache, de problématiques liées au « vivre ensemble » et à « la reconnaissance de l’autre » au Loyola High School sous le système précédent. C’est normal, l’éducation jésuite se fait un devoir de prôner une attitude d’ouverture si chère au cours d’ECR.

La neutralité demandée dans l’enseignement de ce cours est-elle conciliable avec l’identité religieuse d’une école ?

La liberté de religion au Québec et au Canada sera vraiment testée par cette action en justice. Il me faisait drôle de voir que tout se déroulait presque qu’en catimini, dans une petite salle du Palais de justice de Montréal. Après le premier jour d’audience, presque tous les médias ont quitté, ne laissant que peu d’options à tous ceux qui voulaient suivre le déroulement de la cause. À ce sujet, je dois souligner le travail de moine du blogue Pour une école libre, qui suit pas à pas toutes les questions entourant ce débat. Il n’existe malheureusement pas de lieu similaire du côté de ceux prônant le caractère obligatoire du cours.

Il faudra plusieurs mois avant que le juge Dugré de la Cour supérieure du Québec rende sa décision. Tout nous indique qu’importe le jugement, le tout se rendra jusqu’en Cour suprême. Non, on n’a vraiment pas fini d’en parler…

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  1. Bernadette Luyben
    22/06/2009 à 22:30 | #1

    Bravo aux parents qui luttent pour les âmes de leurs enfants. Mes parents nous ont sortis des cours de « religion » il y a 35 ans. Il existe l’éducation à la maison et les écoles privés depuis ces années là. Enfin, on se batte bien tarde pour les droits fondamentales; il faudra prier pour des miracles, et les mériter par nos sacrifices. Les Écoles vraiment saines et Catholiques ne peuvent pas être subventionnés par un gouvernement libéral-totalitaire. Tant que nous demandons à lÉtat de nous donner ce que nous sommes censés se donner nous-mêmes; on se met des doigts dans les engrenages de l’esclavage. Allons-nous leur demander la permission de respirer, aussi? L’École Sainte Famille à Lévis peut vous aider.

  2. Jean-Claude Laurin
    18/06/2009 à 12:31 | #2

    Ici, ce qui est important, c’est la liberté de conscience et de religion, et c’est ce que nous allons perdre avec l’obligation de suivre le cours d’éthique et de culture religieuse.

    Nombreux sont ceux qui s’opposent à ce cours, professeurs, sociologues, psychologues, mouvement laïque québécois, groupe de parents etc … et tous ces gens s’y opposent avec raison.

    Je voudrais souligner ici deux extraits très révélateurs :

    Le premier, du professeur Christian PaulHus en éducation spécialisée,
    il a écrit du matériel pédagogique pour les cours de moral et de religion.

    Il écrit ceci : Tel que soumis présentement, ce cours est mal adapté aux capacités cognitives, ainsi qu’au processus de développement moral des jeunes. Nous constatons l’inadéquation des contenus par rapport aux capacités intellectuelles et morales des enfants et des jeunes. Les notions et concepts visés nécessitent pour la plupart des niveaux de réflexion abstraite que seuls des cerveaux adultes rompus à cette gymnastique intellectuelle et morale peuvent s’offrir. Procéder de la sorte auprès des jeunes pourrait pédagogiquement s’apparenter à de l’endoctrinement, voire même à de la propagande.

    Le deuxième extrait,
    du Mouvement laïque québécois paru dans le numéro 7 de Cité laïque:

    Ce programme insiste tellement sur la diversité religieuse qu’on se demande où est la cohérence et comment des éléments communs pourront éventuellement être proposés dans le domaine religieux. L’enfant n’est pas en mesure d’avoir assez de maturité intellectuelle pour se repérer dans cette diversité et, par conséquent, ne pourra pas assumer la multiplicité des valeurs religieuses qui pourront lui apparaître contradictoires et irréconciliables.

    Donc dans ce contexte, informer les enfants sur les croyances, les dogmes, les textes sacrés, les prières rituelles, les perceptions de diverses religions ou mouvances, c’est enseigner ces religions et ce, contre la liberté de choix, sans respecter nos enfants dans leur cheminement.

    Nous voulons garder la liberté de croyance pour nos enfants, nous ne voulons pas que leurs soient imposés de nombreuses convictions, perception de foi, et ainsi relativiser les religions entre elles, et leurs faire perdre tout sens, tout intérêt.

    Nous ne voulons pas d’une religion d’état.

    Que l’école laïque laisse l’enseignement de la foi au parent.

    C’est pour toutes ces raisons que nous demandons l’exemption au cours d’éthique et de culture religieuse pour nos enfants.

  3. Michel C.
    18/06/2009 à 06:48 | #3

    Se peut-il que les mêmes lobby qui dans le passé se sont battu pour obtenir, au nom de la liberté de choix, la possibilité de choisir entre l’enseignement religieux et l’enseignement morale, soient les mêmes qui nous enfoncent dans la gorge les cours de ECR pour créer les assises d’une nouvelle société québécoise moulée à l’image de leur philosophie?. Se peut-il que une fois obtenu cette reconnaissance ceci n’était qu’une étape vers ce deuxième objectif? Par une majorité écrasante la population québécoise est contre ces cour. Est-elle captive d’un complot bien organisé par des mouvements philosophiques qui, en infiltrant les différents centre de décisions et les média, réussissent à imposer leurs funestes idéologies en commençant par nos enfants. Il est étonnant de constater que l’allégeance de bien des militant pour la laicization sont des membres notoires de ces sociétés dites  »philanthropiques »,plus ou moins secretes qui se cachent derrière un anonymat qui leur permet de conduire les actions
    pour atteindre leurs objectifs sans être identifiées. Québécois réveillons nous, arrêtons de nous laisser manipuler par une  »intelligentsia »qui essaye de nous imposer leur philosophie comme principe de vie régulateur de la conduite de vie des citoyens.
    Méfions nous de ces tendance car dans le passé nous ont montré que leurs effets sur la société sont des plus funestes. Parents, réveillez vous car on vous enlève le rôle premier de votre qualité de parent: l’éducation de vos enfant selon vos principes dans un régime libre et démocratique.

  4. Luc Meigret
    17/06/2009 à 16:17 | #4

    Merci pour vos émissions (deux sur ECR si je me rappelle bien).

    Merci aussi pour le pointeur vers le blogue « Pour une école libre », excellent très complet.

  5. Laurie Gagnon
    17/06/2009 à 15:38 | #5

    Bonjour,
    Je ne suis ni sociologue, ni professeur, je n’ai fait aucune études universitaires; ma spécialité à moi, c’est l’éducation de mes 2 enfants. Je fais partie de ces parents qui se sont battus toute l’année durant contre des marionnettes formées par notre gouvernement, des pantins qui ne cherchent qu’à anéantir toute volonté de notre part de défendre nos droits et nos convictions. Je parle ici des droits et aussi du devoir qu’ont les parents d’éduquer leurs enfants. En tant que parent, je m’inquiète de l’impact que cette EXPÉRIMENTATION de cours d’éthique et culture religieuse aura sur mes enfants. Comme le disait M. Watters dans l’article, c’est en 2019 seulement qu’on saura quelles répercussions ce cours aura eu sur NOS enfants… Autrement dit, notre progéniture leur sert de cobaye pour une expérience, qui selon toute vraisemblance s’avèrera aussi désastreuse qu’inutile. Quelle prétention ces gens ont-ils pour penser avoir le droit d’éduquer nos enfants selon leurs convenances? Depuis quand le droit à l’éducation des parents est-il devenu une option? Qui sont-ils pour oser parler de justice, de liberté et de tolérance, ces principes fondamentaux qu’ils ont « oubliés » de mettre eux-mêmes en application?! Peut-être serait-il bien pour la prochaine rentrée scolaire que le MELS mette au point un nouveau cours qui expliquera aux enfants combien de gens sont morts pour défendre notre patrie, et que ce sont ces mêmes gens nous ont laissé en héritage un régime démocratique qui donne à la population droit de regard, de parole et de décision sur LEURS PROPRES INTÉRÊTS. Profitons du temps qui nous reste pour s’exprimer et se défendre, la liberté d’expression n’est pas encore illégale.

  6. Françoise de Launière
    17/06/2009 à 13:32 | #6

    Cours ECR – commentaire personnel
    Au Québec, nous voulons transmettre notre foi à notre progéniture. La preuve, jusqu’à ce que nous puissions le faire, environ 80% des parents choisissaient librement l’enseignement religieux catholique ou protestant lors de l’inscription de leur enfants à l’école primaire.
    Nous vivons dans une démocratie. Pourquoi, le gouvernement ignore-t-il la volonté du peuple ?
    En France, on ne refuse pas le droit aux écoles publiques d’avoir de l’enseignement catholique. Chaque école peut fournir une classe pour que des aumôneries libres ou encore les paroisses puissent proposer des cours de catéchèse. Le cours d’histoire des religions s’y donne au secondaire. Dans la plupart des écoles privées catholiques, l’enseignement religieux catholique y est offert. Notez que ces écoles catholiques ont d’ailleurs « la cote » en France.
    Plusieurs experts sont d’avis qu’au primaire, il est beaucoup trop tôt pour exposer l’enfant à tout ce contenu du cours obligatoire Éthique et culture religieuse. Alors qu’il est en train de construire son identité, il est préférable de l’exposer à un seul cadre de référence, un seul système de pensée, un système de croyances et de valeurs. Il fera le choix plus tard. Au secondaire, c’est autre chose. À cet âge, il pourra mieux apprécier un cours d’histoire des religions.
    Le gouvernement impose un contenu qui va à l’encontre des croyances et de la volonté de la majorité des citoyens, on oriente le discours religieux comme dans les pays totalitaires.
    Françoise de Launière

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